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David Grossman a reçu le Man Booker International Prize pour "Un cheval entre dans un bar".

KEYSTONE/EPA/WILL OLIVER

(sda-ats)

David Grossman a remporté mercredi à Londres le Man Booker International Prize pour "Un cheval entre dans un bar", un douloureux portrait de la société israélienne. C'est la première fois qu'un auteur israélien gagne cette récompense.

Le Man Booker International Prize, qui distingue un ouvrage étranger traduit en anglais et publié au Royaume-Uni, est un des prix littéraires les plus prestigieux au monde.

Le roman a été traduit en anglais sous le titre "A Horse Walks Into a Bar" par la Britannique Jessica Cohen, dont "l'extraordinaire" traduction a été "saluée par le jury", a précisé le président du jury Nick Barley. "David Grossman a tenté un ambitieux acte de haute voltige avec ce roman et il a réussi de façon spectaculaire", a-t-il ajouté.

"Nous avons été époustouflés par la volonté de M. Grossman de prendre des risques aussi bien émotionnels que stylistiques. Chaque phrase compte, chaque mot est important dans cet exemple suprême du métier d'écrivain", a-t-il salué.

Six romans en lice

"Un cheval entre dans un bar", le début d'une blague dont le lecteur ne connaîtra jamais la chute, est le premier roman de l'écrivain israélien depuis le décès de son fils, mort en 2006 au Liban pendant son service militaire.

Après cette tragédie, survenue alors que David Grossman achevait l'écriture d'"Une femme fuyant l'annonce", lauréat en France du prix Médicis étranger en 2011, l'écrivain n'avait publié qu'un seul récit sous forme de poème, "Tombé hors du temps".

Le roman a été préféré à cinq autres oeuvres: "Boussole" du Français Mathias Enard, "Mirror, Shoulder, Signal" de la Danoise Dorthe Nors (non traduit en français), "Judas" de l'Israélien Amos Oz, "Fever Dream" de l'Argentine Samanta Schweblin (non traduit en français) et "Les Invisibles" du Norvégien Roy Jacobsen.

Depuis l'année dernière, le prix est décerné conjointement à l'auteur et au traducteur. Jessica Cohen et David Grossman vont donc se partager un chèque de 50'000 livres (62'000 francs), cette distinction assurant surtout une notoriété mondiale et des ventes records.

Né le 25 janvier 1954, à Jérusalem, David Grossman a abordé dans ses oeuvres aussi bien les souffrances des Israéliens que celles des Palestiniens. Ses livres ont été traduits en 30 langues.

ATS

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