L’archevêque du Cap en Suisse pour parler de la dette sud-africaine
Mgr Njongonkulu Ndungane est venu plaider en faveur de l'annulation de la dette contractée par l'Afrique du sud avant 1994. Les banques suisses figurent, en effet, parmi les principaux bailleurs de fond de l’ancien régime d'apartheid.
Comme Desmond Tutu, son prédécesseur, le chef de l’Eglise anglicane sud-africaine est un homme de conviction, qui prend parti pour les pauvres, quitte à heurter les institutions en place.
En Afrique du sud, l’archevêque Ndungane, 59 ans, est à la tête de la campagne «Jubilee 2000» en faveur de l’annulation de la dette contractée par le régime d’apartheid. C’est dans ce cadre qu’il a fait le voyage de Berne, mardi, pour y rencontrer le ministre suisse des affaires étrangères, Joseph Deiss, et plusieurs députés.
Mercredi et Jeudi, le prélat sud-africain doit, en outre, s’entretenir avec des membres du Forum économique mondial de Davos, du Conseil mondial des Eglises, des ONG et des Eglises suisses qui soutiennent la campagne pour l’annulation de la dette d’apartheid.
A partir de 1985, à la pire époque de la répression, les banques allemandes et suisses ont été parmi les principaux bailleurs de fond du régime d’apartheid. Alors que d’autres pays occidentaux, comme la France et les Etats-Unis, se sont désengagés en répondant à l’appel au boycott international, les investissements suisses dans le secteur public sud-africain ont en revanche continué à augmenter jusqu’en 1993, à la veille donc de l’arrivée de l’ANC au pouvoir.
Les prêts étrangers à l’Afrique du sud auraient atteint, au total, 14 milliards de dollars. «Jubilee 2000» estime que cette somme devrait être versée à un fonds en faveur des victimes du régime d’apartheid. Par ailleurs, les responsables de la campagne ajoutent que des compensations devraient être accordées aux pays voisins d’Afrique australe, déstabilisés par l’Afrique du sud.
Valérie Hirsch, Johannesburg
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