L’Alliance vaudoise peu inquiète du nouveau parti Mouvement libéral
La création d'un nouveau parti par la ministre vaudoise Valérie Dittli n'inquiète pas outre mesure l'Alliance vaudoise (PLR, UDC et Centre), contrairement au résultat de l'initiative de baisse d'impôts dite des 12%. Toute l'agitation politique actuelle profite néanmoins clairement à la gauche, selon son président Kevin Grangier.
(Keystone-ATS) «Dans cette agitation, il y a un seul grand gagnant, ce sont les partis de gauche», commente vendredi auprès de Keystone-ATS celui qui est aussi chef de campagne électorale pour l’UDC. Si le nouveau Mouvement libéral de Valérie Dittli complique la création d’une large alliance de centre-droit, les divisions de la droite durant la législature ainsi que les positionnements différents sur l’initiative des 12% compliquent encore plus la donne, selon lui.
«J’invite les responsables des partis membres de notre alliance à faire preuve de lucidité et d’avoir le principe de réalité devant les yeux à l’heure de bâtir notre stratégie», estime M. Grangier, pour qui le Mouvement libéral «veut manifestement s’inscrire à la droite du Centre et tenter de rallier des électeurs qui se reconnaissent dans l’ex-parti libéral».
«Porte ouverte au Centre»
S’agissant de l’Alliance vaudoise initiée en 2022, son président rappelle que «Le Centre, qui est un des trois membres fondateurs, a toute sa place», dès lors que Mme Dittli n’est plus sa candidate. «Il appartient désormais aux trois partis de décider s’ils veulent reconduire cette alliance ou non. Et surtout au Centre de se déterminer maintenant que plus rien ne s’oppose à son alliance avec le PLR et l’UDC», dit-il. Selon un document stratégique, le Centre Vaud privilégie plutôt une alliance avec les Vert’libéraux, Les Libres et le Parti évangélique (PEV).
Kevin Grangier ne se fait d’ailleurs guère d’illusions sur les Vert’libéraux pour rejoindre l’Alliance vaudoise. «En prenant la présidence en 2025, j’ai indiqué que la porte des discussions pour rejoindre l’Alliance était ouverte. Mais leur soutien au socialiste Roger Nordmann lors de la complémentaire de mars dernier semble être, de fait, une réponse claire de leur part sur leur positionnement et leur préférence», observe-t-il.
L’attente cruciale du 27 septembre
Dans ce contexte un brin pessimiste au centre-droit, Kevin Grangier table avec espoir sur une victoire du camp du «oui» le 27 septembre à l’initiative populaire des 12%, qui demande de baisser l’impôt cantonal sur le revenu et la fortune. «L’acceptation de l’initiative permettrait à la droite de concrétiser la promesse électorale de baisses d’impôts, de crédibiliser sa vision politique sur ce sujet et donc de se fédérer sur le thème puissant du pouvoir d’achat», relève-t-il.
Il craint en revanche beaucoup plus un rejet de l’initiative. «Une défaite à six mois des élections cantonales compliquerait les discussions autour d’une alliance, la décrédibiliserait même, sachant que l’UDC soutient sans réserve cette initiative, y compris son candidat Jean-François Thuillard, contrairement aux trois ministres PLR sortants», affirme-t-il. Difficile donc de concrétiser de manière crédible une alliance UDC-PLR dans ce contexte, selon lui.
La situation est, en effet, ambivalente au PLR. Les délégués du parti ont nettement voté en faveur de l’initiative, alors qu’une majorité du groupe PLR avait voté contre lors du vote au Grand Conseil. Le Conseil d’Etat, dominé par le PLR (trois membres sur sept), recommande aussi de refus du texte.