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L’auteur du drame de Chiètres est un Suisse «marginal et perturbé»

Keystone-SDA

L'auteur présumé de l'incendie d'un car postal mardi à Chiètres (FR), qui a fait six morts et cinq blessés, est un Suisse domicilié dans le canton de Berne. Réputé "marginal et perturbé", ce soixantenaire se serait aspergé d'essence et compte parmi les décès.

(Keystone-ATS) Portant des sacs, l’individu se serait immolé par le feu. Les informations ont été données mercredi à Granges-Paccot, siège de la police cantonale, par le procureur général Raphaël Bourquin. La police a précisé dans la soirée qu’il avait été identifié et avait effectivement péri dans le sinistre. Il s’agit d’un Suisse de 65 ans domicilié dans le canton de Berne.

Le chauffeur du bus, un homme de 63 ans d’origine portugaise, a également perdu la vie dans les flammes. Les autres victimes décédées sont deux femmes de 25 et 39 ans et deux hommes de 16 et 29 ans, tous suisses et domiciliés dans la région.

Les décès sont survenus entre 18h49 et 19h18, alors que la tragédie a commencé vers 18h25 à Chiètres.

Les blessés sont deux hommes de 34 et 61 ans, ainsi que deux femmes de 27 et 56 ans, tous suisses, et un homme kosovar de 32 ans. Deux blessés, la femme de 56 ans et l’homme de 34 ans, sont toujours hospitalisés. Une victime a pu rejoindre son domicile durant la nuit. Tous les blessés sont également domiciliés dans la région.

Acte «sans motivation idéologique»

Les premiers éléments d’enquête privilégient un acte «volontaire sans motivation idéologique».

L’individu était connu des services administratifs. Les premiers témoignages et auditions permettent d’affirmer que l’auteur a agi seul. Il pourrait s’agir d’une personne «psychiquement instable et annoncée disparue par sa famille», a précisé Raphaël Bourquin, en place depuis janvier et qui entend conduire l’enquête lui-même.

La police cantonale bernoise a confirmé à Keystone-ATS avoir reçu plus tôt mardi un avis de disparition émanant d’un hôpital du canton. Malgré des investigations et des mesures de recherches, l’homme, possiblement l’auteur présumé, n’a alors pas pu être localisé. Interrogé par la RTS, M. Bourquin a précisé que le suspect ne se trouvait pas dans un hôpital psychiatrique, mais dans un «hôpital normal» pour des problèmes physiques.

Investigations et vérifications se poursuivent pour cerner les circonstances du drame (ADN, téléphones mobiles et réseaux sociaux). Au-delà, les intervenants ont loué le travail des équipes de secours, à commencer par le président du Conseil d’Etat Philippe Demierre, chargé de la santé, qui s’est dit «consterné et solidaire».

Propagation rapide

Le nombre de personnes dans le car postal parti de Guin (FR) vers 17h45, au rang desquelles figurerait l’auteur présumé, n’a pas été donné pour l’heure.

Sur le plan technique, le feu s’est propagé rapidement à l’entier du véhicule, doté d’un moteur thermique. La cause humaine étant la plus probable, un défaut technique du bus peut être exclu à ce stade de l’enquête, ont indiqué le Ministère public (MP) et la police. Un appel à témoin a été relancé pour recueillir des éléments utiles.

Selon le MP, une enquête a été ouverte pour homicide volontaire, incendie intentionnel, lésions corporelles graves et mise en danger de la vie d’autrui. L’auteur présumé aurait par ailleurs adopté un comportement «suspect et perturbé» au cours du trajet, avant de s’immoler à l’arrivée à Chiètres.

Plusieurs cantons

Le soutien psychologique a démarré à 19h23, a indiqué Philippe Allain, commandant de la police cantonale, qui quittera son poste à fin juin prochain. Une unité est présente à la Seelandhalle, avec trois personnes, selon l’effectif mercredi à midi. Le dispositif peut être augmenté si nécessaire, pour prendre en charge tant les familles et proches des victimes que le grand public.

Au-delà, l’intervention a nécessité l’engagement de plusieurs patrouilles et spécialistes de la police, dix ambulances des cantons de Vaud, Berne, Fribourg et Neuchâtel, le Smur (pour structure mobile d’urgence et de réanimation) et la Rega ainsi qu’une quarantaine de pompiers des bataillons Lac, Broye et Sarine.

Le conseiller d’Etat Romain Collaud (sécurité) a parlé d’un jour «sombre» pour Fribourg, tout en se félicitant de la bonne coopération. Tout au long de la journée, les messages de condoléances se sont succédés, avec notamment les présidents des Chambres fédérales, les CFF, La Poste Suisse et le Conseil d’Etat genevois.

Avec Guy Parmelin

En fin de journée, le président de la Confédération Guy Parmelin s’est rendu sur les lieux de l’incendie. «Une fois encore, nous traversons des moments extrêmement tristes», a-t-il déploré. Sobre et brève, la cérémonie a réuni toutes les forces d’intervention et de secours impliquées dans les opérations de la veille.

Avec le drame de Chiètres, la Suisse connaît une deuxième tragédie liée à un incendie. Pas besoin de rappeler celui survenu dans la nuit du Nouvel An dans un bar de Crans-Montana qui a fait 41 morts et 115 blessés.

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