L’OMS accusée d’avoir cédé aux sirènes des groupes pharmaceutiques
(Keystone-ATS) Paris/Strasbourg – L’OMS a été accusée d’avoir volontairement surestimé le risque représenté par la grippe A(H1N1) en raison de la pression des laboratoires pharmaceutiques. Elle s’est aussitôt défendu d’avoir été influencée par les fabricants de vaccins.
Selon une enquête du quotidien français «Le Parisien», les «liens d’intérêts» entre six experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des firmes pharmaceutiques «sont avérés». «Même s’ils affirment leur indépendance, leurs relations avec les laboratoires entretiennent les soupçons sur l’impartialité de leurs décisions au sein de l’OMS», a écrit le journal.
Lors d’une audition devant la commission de la santé du Conseil de l’Europe, l’épidémiologiste allemand Wolfgang Wodarg a lui aussi accusé l’OMS d’avoir exagéré la menace de la grippe, en la qualifiant de «pandémie», sous la pression des laboratoires pharmaceutiques.
«Les laboratoires n’attendaient que cela alors que la maladie était relativement peu sévère», a-t-il affirmé, estimant que les fabricants de vaccins en attendaient «des recettes juteuses». Il les a en outre accusés d’avoir «utilisé des substances aux effets mal connus» faisant courir d’éventuels risques de santé aux personnes vaccinées.
L’OMS a aussitôt répondu devant la même commission. Le conseiller spécial de l’OMS sur les pandémies de grippe, Keiji Fukuda, a indiqué que l’agence onusienne «n’a pas été indûment influencée par les laboratoires» et a rappelé que les experts consultés «doivent signer une déclaration relative à leurs intérêts privés».
Il s’agit bien d’une pandémie qui est «formellement établie et qui n’est pas achevée» alors que le virus «est présent dans le monde entier», a-t-il indiqué devant la commission.
La grippe pandémique H1N1 a tué au moins 14’142 personnes dans le monde depuis son apparition en mars-avril sur le continent américain, selon le dernier bilan publié par l’OMS.