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Vivre en montagne

La biodiversité est-elle préservée dans les Alpes suisses?

Les besoins d’une population humaine croissante se heurtent souvent à ceux de la nature. Cet affrontement enflamme régulièrement le débat politique en Suisse.

Ce contenu a été publié le 22 décembre 2020 - 13:58
Luigi Olivadoti (illustration)

Près de la moitié des 230 types d’habitats de la Suisse est menacée, en particulier les marais, les prairies sèches sur les terres agricoles et les écosystèmes aquatiques. Les problèmes environnementaux qui affectent ces milieux exercent une pression sur leurs résidents sauvages: un tiers des 45'000 espèces animales et végétales recensées en Suisse est actuellement en danger. Une autre préoccupation est la perte de diversité génétique, dont la faune et la flore ont besoin pour résister aux maladies et s’adapter au changement climatique.

Dans un récent rapportLien externe, l’Office fédéral de l’environnement explique que la biodiversité est indispensable, car «elle produit de la nourriture, régule le climat, préserve la qualité de l’air et de l’eau, participe à la formation du sol et offre aux êtres humains un espace de repos et d’inspiration».

Mordre dans une belle pomme croquante est l’un des plaisirs de l’automne. Mais s’il n’y a pas assez de pollinisateurs, la récolte sera moins bonne. Ironiquement, les efforts entrepris pour nourrir la population font partie du problème si l’on considère les monocultures, les herbicides et les pesticides. Les quelque 50'000 petites exploitations agricoles de Suisse répondent à un peu plus de la moitié de la demande nationale en denrées alimentaires, en tenant compte des produits pour animaux qui sont importés.

En même temps, de nombreux éleveurs de montagne qui possèdent des troupeaux de moutons veulent éliminer les prédateurs tels que le loup ou le lynx, deux espèces qui étaient en voie d’extinction en Suisse au XIXe siècle et au début du XXe. Les efforts du gouvernement pour réintroduire le lynx ont été couronnés de succès et 250 spécimens vivent maintenant en Suisse. Les loups, au nombre de 80 environ, sont revenus par leurs propres moyens.

Des actions sont souvent entreprises en Suisse pour préserver la biodiversité. Un référendum a par exemple été lancé par les associations de défense de la nature contre la nouvelle loi sur la chasse, qui voulait assouplir les conditions d’abattage des loups et d’autres espèces protégées. Le peuple a refusé la nouvelle législation.

L’année prochaine, les Suisses voteront sur deux initiatives populaires réclamant des modifications de la Constitution liées à la protection de l’environnement: l’une demande davantage d’aires protégées et de moyens pour promouvoir la biodiversité, et l’autre exige des règles plus strictes au niveau de la construction en dehors des zones à bâtir.

«Des paysages variés, des rivières vivantes, des sols fertiles et un riche patrimoine bâti sont quelques-unes des caractéristiques qui valorisent la Suisse. Celles-ci sont aujourd’hui menacées et les politiciens comme les autorités font trop peu pour préserver ces trésors et les bases vitales nécessaires à notre avenir», ont affirmé les initiants lors de la remise des signatures en septembre 2020. Les organisations qui ont lancé ces deux initiatives sont Pro Natura, BirdLife, Patrimoine Suisse et la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage.

Lorsque l’on veut conserver une variété d’espèces, le principe «plus on est de fous, plus on rit» ne s’applique pas. Les spécimens envahissants, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas indigènes, constituent une menace pour la flore et la faune locale, car ils s’approprient l’espace vital et les nutriments à disposition.

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