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La formation permanente est une obligation, selon Alain Dehaze

Le CEO d'Adecco Alain Dehaze appelle toutes les parties prenantes à permettre la formation permanente des employés pour qu'ils restent sur le marché du travail (archives). KEYSTONE/LAURENT GILLIERON sda-ats

(Keystone-ATS) Un employé doit continuer à se former pour ne pas devenir obsolète, assure le CEO du groupe Adecco Alain Dehaze. «A cause des nouvelles techonologies et sans formation permanente, nous perdons le tiers de nos compétences tous les quatre ans.»

La révolution numérique est en cours, souligne Alain Dehaze dans un entretien avec le Matin Dimanche. Et «l’industrie, de plus en plus automatisée et informatisée, n’est de loin plus la seule concernée. Les branches du tertiaire, en tête desquelles les banques, le marketing ou la vente, sont tout autant touchées.»

Dès lors, «la formation permanente n’est plus une option, mais une obligation», constate le Belge. Pour lui, «toutes les parties prenantes du monde du travail doivent urgemment reconnaître ce besoin de formation constante et de remise à niveau». L’employé, l’employeur, mais également le monde éducatif et les responsables politiques, doivent s’adapter.

Interrogé sur les coûts financiers découlant d’une formation continue, Alain Dehaze balaie ces obstacles d’un revers de main. «Il en coûte 100’000 francs suisses pour se séparer d’un salarié, puis à en recruter un autre, contre 30’000 à 35’000 francs pour mettre à niveau et conserver un employé!»

«Bombe sociale à retardement»

Afin d’éviter l’abandon et le déclassement des salariés, le CEO d’Adecco propose de mettre sur pied un nouveau pilier: un compte individuel de formation, destiné à financer la formation continue. Employé et employeur y cotiseraient, mais le compte serait l’entière propriété du travailleur.

Côté éducation, il incite les autorités à «s’assurer que les compétences prodiguées (dans les écoles) soient en adéquation avec celles demandées» sur le marché du travail. Et Alain Dehaze de tacler en passant les formations universitaires inadaptées et de louer le système d’apprentissage suisse «qui permet d’être en permanence en lien avec les mutations technologiques».

Aux responsables politiques de «mettre en place les conditions-cadres qui permettront cette adéquation, ce dialogue continue entre entreprises et forces de travail» et d’organiser les moyens de financement de cette formation permanente, poursuit-il. «Sans solutions, les caisses de chômage devront subir la déflagration de cette bombe sociale à retardement.»

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