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La gauche défend le salaire minimum en Valais

Keystone-SDA

"22 francs de l'heure, le prix de la dignité": le comité du "oui" à l’initiative cantonale pour un salaire minimum légal en Valais a présenté ses arguments mardi. La population valaisanne se prononcera sur le texte le 29 novembre prochain.

(Keystone-ATS) «En Valais, environ 15’000 salariés travaillent à 100% et ne peuvent pas vivre de leur salaire», a déclaré Blaise Carron en conférence de presse mardi à Sion. Ces «working poor» sont en majorité des femmes, a encore souligné le secrétaire général d’Unia.

Pour les partisans de l’initiative populaire cantonale pour un salaire minimum légal – soit une coalition de partis de gauche, de syndicats et d’organisations associatives – il est ainsi question d’égalité, mais aussi de dignité et de justice sociale. «Il n’est pas normal qu’une personne qui se lève tôt chaque matin pour aller travailler doive finalement recourir à l’aide sociale pour joindre les deux bouts», a relevé le conseiller national socialiste Emmanuel Amoos.

L’augmentation des bas salaires permet aussi de renforcer le pouvoir d’achat et l’économie locale, selon le comité du «oui». «Un salaire minimum permet d’améliorer la situation financière des personnes qui gagnent le moins et subséquemment auront moins recours aux aides de l’Etat», s’est aligné le député des Vert-e-s Léonard Dorsaz.

L’exemple d’autres cantons

Pour soutenir leurs propos, les acteurs en faveur du texte ont aussi mobilisé le cas d’autres cantons et villes qui ont déjà introduit un salaire minimum légal, à l’image de Genève et Neuchâtel par exemple. Ils affirment que «là où le salaire minimum a été introduit, le marché du travail a été redynamisé.»

Autre argument largement avancé par les partisans: l’instauration d’un salaire minimum contribue à la protection des salaires et à la lutte contre le dumping salarial. «Nous ne voulons pas construire la compétitivité du Valais sur les bas salaires, s’est exprimée Francine Zufferey, présidente de l’Union Syndicale Valaisanne. La concurrence doit se faire sur la qualité du travail, sur les compétences, sur l’innovation et sur le service rendu (…).»

22 francs de l’heure

L’initiative cantonale, déposée en septembre 2022, prévoit un salaire minimum de 22 francs brut par heure, avec une possibilité de dérogation à 18 francs pour le secteur agricole. Les salaires des apprentis et de certains stages sont exclus du dispositif.

Des exceptions peuvent également être prévues dans le cadre de mesures d’intégration professionnelle. Le texte prévoit aussi que le salaire minimum soit indexé sur l’indice suisse des prix à la consommation en cas d’augmentation de ce dernier.

Lors de la session de mai dernier, le Parlement s’est prononcé contre l’initiative par 93 voix contre 33, sans proposer de contre-projet. Le Conseil d’Etat estime, lui, que cette initiative menace certains secteurs de l’économie valaisanne, tels que l’agriculture et le commerce de détail pratiqué dans les vallées latérales.

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