La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Trump menace l’Iran après le sauvetage d’un aviateur américain

Keystone-SDA

Donald Trump a menacé dimanche de s'en prendre aux infrastructures iraniennes à 24 heures de l'expiration de son ultimatum pour rouvrir le détroit d'Ormuz. Il s'est félicité du sauvetage "miraculeux" d'un aviateur américain, "gravement blessé" sur le sol de l'Iran.

(Keystone-ATS) Au 37e jour d’une guerre qui a fait des milliers de morts dans l’ensemble du Moyen-Orient, Israël a aussi défié les dirigeants iraniens et poursuivi ses frappes au Liban.

Sur son réseau Truth Social, le président américain a menacé de frapper les centrales énergétiques et les ponts en Iran mardi si le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, n’est pas rouvert.

«Ouvrez le Putain de Détroit, espèce de tarés, ou vous vivrez en Enfer – VOUS ALLEZ VOIR!», a écrit M. Trump, en ajoutant: «Gloire à Allah». Samedi, le milliardaire républicain avait lancé un ultimatum, jusqu’à lundi 20h00 heure de Washington (02h00 heure suisse mardi), «avant de déchaîner les enfers».

Des chances d’accord

Mais lors d’un entretien avec un journaliste de la chaîne de télévision Fox News, il a évoqué dimanche de «bonnes chances» de parvenir à un accord avec l’Iran lundi.

Quoi qu’il en soit, son ultimatum a été rejeté par le chef du commandement central iranien, le général Ali Abdollahi, qui a répondu sur le même ton: «Les portes de l’enfer vont s’ouvrir pour vous».

Des menaces qui n’empêchent pas une activité diplomatique. Oman, situé face à l’Iran dans le détroit d’Ormuz, a affirmé avoir discuté avec l’Iran de sa réouverture, tandis que le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi s’est entretenu par téléphone avec ses homologues pakistanais et égyptien, dont les pays mènent des efforts pour une issue au conflit.

Alors que le blocage du détroit fait flamber les cours du pétrole, la Russie, l’Arabie saoudite et six autres membres de l’OPEP+ devaient discuter dimanche pour savoir s’ils augmentent leur production.

«Gravement blessé»

L’aviateur américain abattu vendredi a été «gravement blessé», a précisé Donald Trump, qui dans un premier temps avait affirmé qu’il était sain et sauf.

Le président américain aura l’occasion de fournir des détails lors d’une conférence de presse annoncée pour lundi «avec l’armée» dans le Bureau ovale. Son allié le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahuu a salué une opération de sauvetage «incroyable».

Les forces armées iraniennes ont elles affirmé avoir «déjoué» l’opération, mais sans démentir le sauvetage de l’aviateur ou annoncer sa capture. Elles ont annoncé avoir abattu quatre appareils américains impliqués dans l’opération. Cinq Iraniens ont été tués lors de l’opération américaine, selon l’agence de presse iranienne Tasnim.

Infrastructures visées dans le Golfe

Parallèlement, dans le nord-ouest du pays, des frappes ont tué cinq Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, selon un média iranien, tandis qu’un aéroport du sud-ouest du pays a été touché.

De son côté, l’Iran a de nouveau lancé des attaques contre les pays du Golfe et Israël. Les tirs iraniens ont endommagé des sites énergétiques aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Koweït, où un complexe ministériel et des usines de dessalement d’eau ont subi des dégâts.

L’armée iranienne avait menacé de s’en prendre aux infrastructures d’eau et d’énergie d’Israël et des pays du Golfe après des frappes israélo-américaines contre un site pétrochimique de Mahshahr qui ont fait cinq morts et 170 blessés samedi.

Frappes sur Beyrouth

Sur le front libanais, au moins quatre personnes ont été tuées et 39 blessées dans une frappe israélienne qui a visé le sud de Beyrouth, à quelque 100 mètres d’un hôpital, selon le ministère libanais de la Santé. Auparavant, sept personnes, dont six d’une même famille, ont été tuées dans une frappe sur Kfar Hatta, près de Saïda dans le sud du pays.

Alors que le pilonnage israélien et les combats ont fait plus de 1400 morts au Liban depuis début mars, à Debel, un village proche de la frontière avec Israël, des habitants se préparaient à célébrer malgré tout Pâques.

«Les gens sont terrorisés. Le bruit des bombardements et des tirs n’a pas cessé une seconde depuis hier soir» a déclaré par téléphone à l’AFP un responsable local, Joseph Attieh. «La situation est tragique. Nous mettons notre foi en Dieu».

Les plus appréciés

Les plus discutés

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision