Le peuple suisse a rejeté l’initiative pour la neutralité à 70,2%
La neutralité suisse ne sera pas redéfinie. Le peuple suisse a rejeté dimanche l'initiative pour la neutralité, déposée par Pro Suisse et des membres de l'UDC par 71%, selon les résultats définitifs.
(Keystone-ATS) La carte est rouge vif sur l’ensemble de la Suisse. Aucun canton n’a soutenu l’initiative.
Le score est quasi soviétique dans les cantons romands. Neuchâtel a refusé l’initiative par 75,6%, Vaud par 73%. Les Jurassiens ont refusé à 71,8% et les Fribourgeois à 71,1%. Le non s’élève à 67,1% en Valais. Deux tiers des Genevois ont refusé le texte.
Le texte n’a pas séduit Outre-Sarine non plus. Bâle-Ville a été le canton le plus virulent contre le texte, avec 79,9% de non, suivi de Bâle-Campagne avec 74%. A Berne et à Zurich, quasi trois votes sur quatre sont un refus. En Argovie, le non l’emporte par 70,4%.
Au Tessin, le non est moins virulent, avec seulement 51,8%. Près de la moitié des communes ont soutenu le texte. Les communes italophones des Grisons ont également dit oui. Mais le canton a refusé l’initiative par 64,9%.
Le taux de participation était de 47%. 1’854’767 personnes ont déposé un bulletin «non», contre 789’130″oui».
Neutralité perpétuelle et armée
L’initiative voulait qualifier la neutralité helvétique de «perpétuelle et armée». Elle exigeait aussi que la Suisse n’adhère à aucune alliance militaire ou de défense, ne participe pas aux guerres étrangères et ne prenne pas de sanctions économiques ou diplomatiques contre un Etat belligérant, sous réserve de ses obligations envers l’ONU.
L’UDC et les milieux proches de ce parti, mais aussi le Comité pour la Genève internationale et sa neutralité ainsi que le Conseil de la neutralité, soutenaient le texte. Au-delà, personne n’était convaincu, estimant que l’initiative affaiblissait la neutralité, au lieu de la renforcer.