Les «Grands Bains d’Hérémence» alimentés par les eaux de Combioula
Les "Grands Bains d’Hérémence" seront prochainement alimentés par les eaux thermales des sources de Combioula, situées à plus de 1000 mètres en contrebas, dans le vallon de la Basse-Borgne. Ces eaux thermales ayant une température d’environ 30 degrés, leur pompage servira également à approvisionner en eaux chaudes les futures pompes à chaleur du complexe touristique.
(Keystone-ATS) Les travaux pour l’exploitation de ces eaux thermales, via l’aménagement d’une station de pompage-turbinage dans le lit de la Borgne et la pose de conduite les reliant au complexe touristique «Dixence Resort» nécessiteront l’ouverture d’un chantier qui aura un impact paysager sur le site de Combioula.
Dès le XVIIIe siècle
Or le vallon de la Borgne entre Bramois et Euseigne est classé en «site protégé pour sa nature et son paysage» d’importance cantonale. Des mesures de compensation ont donc été envisagées et validées avec les différents partenaires, notamment le WWF Valais et les communes d’Hérémence et de St-Martin.
L’intérêt pour le site de Combioula est très ancien. Des documents du XVIIIe siècle présentent une cartographie des sources surgissant au niveau du lit de la Borgne tandis qu’une galerie y avait été excavée pour tenter d’exploiter les sels des résurgences thermales. L’entreprise avait toutefois été abandonnée faute de rentabilité.
Une crue dévastatrice
Le site était également connu pour abriter la plus importante population de petits Rhinolophes du Valais, une espèce de chauve-souris qui a fortement décliné après la Seconde Guerre mondiale. Actuellement, on ne compte plus que deux colonies de reproduction dans le canton (Le Châble et Saillon).
Selon le naturaliste Michel Desfayses, la galerie de Combioula abritait encore une centaine de petits rhinolophes fer-à-cheval au début des années 1960. Une crue de la Borgne survenue en 1963 combla l’accès à la galerie, privant les chauves-souris d’un gîte clef.
Un accès permanent
Un nouvel accès latéral, creusé à la fin des années 1980, n’a pas non plus permis le retour des chauves-souris. Pour permettre le retour des chiroptères, un espace libre d’eau d’au moins 25 cm de haut doit être assuré en permanence.
Pour compenser les atteintes environnementales du chantier de captage des eaux thermales pour le «Dixence Resort», le WWF Valais a négocié avec les promoteurs la réalisation du projet du réseau chauves-souris Valais de 1989, réactualisé en 2023.
Futur accès au public
Ce projet doit assurer aux chauves-souris un accès permanent à l’entier de la galerie souterraine, notamment en abaissant le niveau d’eau dans le boyau, tout en garantissant la quiétude du gîte en période de reproduction.
Les risques marqués d’affaissement du porche de l’entrée latérale empêcheront les visiteurs d’accéder au site, jusqu’à la fin des travaux. Des étais ainsi qu’un mur de soutènement, bientôt muni d’une porte, ont été érigés en urgence durant l’été, tandis qu’une petite ouverture a été aménagée pour le transit des chauves-souris.