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Les rachats d'actions connaissent un grand succès ces derniers mois, comme pour Richemont (archives).

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

(sda-ats)

LafargeHolcim, Richemont, Bâloise ou Logitech: les programmes de rachat d'actions lancés ou qui s'achèvent se multiplient. Le phénomène est largement influencé par les taux négatifs qui pénalisent les liquidités souvent importantes détenues par les entreprises.

Les programmes de rachat d'actions ont un caractère assez saisonnier. "Ils sont souvent annoncés durant le premier semestre, avant les assemblées générales", a expliqué à l'ats Jean-Luc Chenaux, professeur de droit commercial à l'Université de Lausanne.

En 2016, 13 programmes de rachat ont été annoncés en Suisse à la Commission fédérale des offres publiques d'acquisition, contre 20 en 2015 et 22 en 2014. "On constate que le phénomène est assez constant depuis que les taux sont bas", ajoute Jean-Luc Chenaux.

Le motif principal pour lancer un programme de rachat d'actions est souvent financier. L'entreprise veut réduire ses fonds propres pour améliorer le rendement, soit le bénéfice par action.

Ainsi, Bâloise Assurances a annoncé que le rachat permettrait de contrer la dilution du bénéfice par action qui allait résulter de l'expiration d'une obligation convertible et donc de l'émission de nouvelles actions.

Programme d'intéressement

Le programme peut viser d'autres fins que la réduction du capital, précise l'expert en droit des affaires. Richemont et Logitech ont annoncé que les actions rachetées ne seraient pas annulées, mais conservées pour financer les programmes d'intéressement de collaborateurs, voire – pour Logitech - d'éventuelles acquisitions par échange d'actions.

Stefan Meyer, analyste chez UBS, fait la même analyse. "Les rachats d'actions peuvent intervenir pour différentes raisons mais souvent dans des entreprises très rentables qui souhaitent améliorer la valeur de l'action". Cette opération est intéressante pour l'actionnaire, car elle n'est pas imposée fiscalement.

Le marché s'est focalisé ces dernières années sur le cash-flow (capacité d'autofinancement), a rappelé Stefan Meyer. Avec en perspective d'avoir les reins assez solides pour procéder à des acquisitions et s'agrandir. Désormais, les firmes cherchent davantage à améliorer leur bilan.

La nature des actionnaires a également changé. Partout dans le monde, les investisseurs institutionnels, comme les caisses de pension, dominent désormais. Contrairement au petit actionnaire individuel, très sensible au dividende, ils préfèrent un programme de rachat d'actions qui, en diminuant le nombre d'actions disponibles, augmente la valeur de celles qui restent.

Risque de manipulation

Le rachat d'actions n'est pas sans risques. "Le principal est celui de la manipulation et des abus de marché, ainsi que l'inégalité de traitement entre les actionnaires", explique Jean-Luc Chenaux. C'est la raison pour laquelle ces programmes sont soumis à une réglementation spécifique et à la surveillance de la Commission des offres publiques d'acquisition.

Sur le plan économique, le risque peut exister de voir la société s'engager dans une procédure de rachat, le cas échéant en s'endettant à des conditions favorables, dans un contexte de bénéfices stagnants, observe Jean-Luc Chenaux.

En Suisse, le degré net d'endettement des entreprises se situe en général à 80% par rapport à leur bénéfice et leur rendement des fonds propres, explique l'analyste d'UBS. En Europe aussi, le degré d"endettement est pour l"heure modéré. Aux Etats-Unis par contre, le niveau d'endettement est beaucoup plus élevé et parfois des firmes s'endettent encore pour procéder à un rachat d'actions.

Limite légale

Les marchés peuvent enfin mal réagir en considérant que la société renonce à utiliser son capital pour développer sa croissance interne (par investissements) ou externe (par des acquisitions), ajoute le professeur à l'Université de Lausanne.

De plus, au niveau légal, le rachat d'actions ne peut excéder 10 % du capital-actions de la société.

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ATS