Marché de Noël de Strasbourg: la justice autorise l’usage de drones
(Keystone-ATS) La justice française a autorisé jeudi la surveillance du Marché de Noël de Strasbourg par des drones, après un recours en référé déposé par trois résidents strasbourgeois, dont deux avocats, à l’encontre d’un arrêté préfectoral en ce sens.
La requête a été rejetée par le juge des référés du tribunal administratif. Pour lui, compte tenu de «l’ampleur de la zone à sécuriser, de l’affluence attendue et de la configuration particulière des lieux comprenant de nombreuses rues étroites», les circonstances «justifiaient un déploiement particulier de forces de sécurité, complété par l’utilisation de deux drones», indique la juridiction strasbourgeoise dans un communiqué.
Ils «permettront de déceler plus rapidement les mouvements anormaux de foule et d’orienter les interventions des forces de l’ordre de manière plus rapide et pertinente» pour protéger la population.
La mesure a été présentée par la préfète du Bas-Rhin, Josiane Chevalier: pour la première fois en 453 éditions, le Marché de Noël de Strasbourg, qui s’ouvre vendredi, va faire l’objet d’une surveillance par deux drones de la police nationale, dans le contexte du passage au niveau «urgence attentat» du plan Vigipirate.
«Libertés fondamentales»
Pour les avocates des trois Strasbourgeois, cette surveillance par drones se fait «au préjudice des libertés fondamentales», pour «un gain en termes de sécurité qui n’est pas évident».
Selon le juge, «les modalités techniques d’emploi des drones» ne sont pas «disproportionnées à l’objectif poursuivi de sécurité publique». La mesure intervient «dans un contexte d’attentats terroristes ayant déjà frappé la ville de Strasbourg en période de marché de Noël et du récent relèvement du niveau de risque terroriste sur l’ensemble du territoire national», rappelle-t-il.
A l’audience jeudi matin, les avocates avaient souligné que les drones ne servaient pas uniquement à surveiller de potentiels mouvements de foule, mais à «surveiller des comportements à l’échelle individuelle, permettant d’observer des personnes se rendant dans un cabinet d’avocat, de médecin ou un lieu d’accueil LGBT, permettant par exemple de déduire l’orientation sexuelle d’une personne».