Moscou annule le rabais sur le gaz octroyé à l’Ukraine
(Keystone-ATS) La Russie ne desserre pas l’étau sur l’Ukraine. Elle a annulé jeudi le dernier rabais octroyé à Kiev sur les livraisons de gaz. L’Ukraine a accusé de son côté le président ukrainien déchu et les services secrets russes d’être impliqués dans les tueries de février pendant les manifestations sur la place Maïdan à Kiev.
La Russie a porté le prix des 1000 mètres cubes à 485 dollars, l’un des tarifs les plus élevés appliqués aux pays européens. Il y a encore trois jours, ce montant s’élevait à 268,50 dollars. Les livraisons russes couvrent quelque 60 % des besoins ukrainiens.
Moscou demande également à Kiev de rembourser au plus vite sa dette énergétique, chiffrée à 2,2 milliards de dollars. L’économie de l’ex-république soviétique est chancelante, et dépend d’un accord conclu la semaine dernière avec le Fonds monétaire international (FMI).
L’Ukraine a accusé de son côté le président ukrainien déchu Viktor Ianoukovitch et les services secrets russes d’être impliqués dans les tirs meurtriers survenus en février – 90 morts – pendant les manifestations sur la place Maïdan dans la capitale.
« Des agents du FSB (services secrets russes) ont participé à la planification et à la mise en oeuvre de la prétendue opération antiterroriste », a affirmé le nouveau chef des services de sécurité ukrainiens, Valentin Nalivaïtchenko, présentant les résultats préliminaires de l’enquête.
Moscou accuse les nationalistes
Le président pro-russe déchu Viktor « Ianoukovitch a donné l’ordre criminel (…) autorisant l’usage des armes contre les manifestants », a-t-il poursuivi. il n’a toutefois indiqué ne pas pouvoir identifier avec certitude les tireurs embusqués.
Le FSB a aussitôt démenti. Ces déclarations n’engagent que les services de sécurité ukrainiens, a estimé le service de presse du FSB. Ces affirmations « sont contredites par de nombreuses preuves », a protesté le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.
Moscou et le camp ukrainien pro-russe accusent des mouvements nationalistes ukrainiens d’être responsables des tueries, notamment le groupe d’extrême droite Pravy Sektor (secteur droit).
Pour tenter d’aider Kiev, le Parlement européen a lui donné son feu vert à une quasi suppression des droits de douane pour l’exportation de produits ukrainiens vers l’Union européenne.