Daniel Cohn-Bendit en grande interview «Emmanuel Macron a les propositions politiques les plus intéressantes»

Intégrer

Pour Daniel Cohn-Bendit, il faut soutenir le candidat d’«En marche» à la présidentielle française. Parce qu’il est le plus apte à battre Marine Le Pen, mais pas que… De passage en Suisse, l’ancien leader de Mai 68 et ex-député Vert européen nous a accordé une grande interview. Où l’on parle de la France, de l’Europe et de la Suisse, mais aussi, d’écologie, de démocratie directe, d’Erdogan et de Bob Dylan.

Plus de 150 personnes mercredi dernier à Berne, presque 300 jeudi à Zurich, des salles attentives et visiblement acquises aux causes qu'il défend, vibrant aux accents du tribun passionné, riant à ses traits d’esprit: à 72 ans, Daniel Cohn-BenditLien externe fait toujours recette.

Au centre de son propos, l’Europe, à l’amour de laquelle ses racines le prédisposent naturellement. Né en France en 1945 de parents allemands ayant fui le nazisme, il a été comme il le dit «libéré d’Hitler dès avant sa naissance». «Et même si les jeunes ne s’en souviennent pas forcément, l’Europe a été le berceau de deux horribles guerres mondiales et des deux idéologies totalitaires que sont le communisme et le fascisme», rappelle l’orateur pour souligner qu’aujourd’hui, une guerre en Europe n’est plus pensable. Et c’est là «une grande victoire de la civilisation»… et de l’Union européenne.

A Zurich, Daniel Cohn-Bendit s’est également fait pourfendeur des populismes, ces idéologies qui, «qu’elles soient de droite ou de gauche, s’adressent aux plus bas instincts de l’homme». Car pour lui, il est naïf de croire, avec Rousseau, que l’homme naît bon et que c’est la société qui le corrompt. Non, l’homme peut être mauvais, et non, «nous ne sommes pas désarmés face aux populismes, à condition de ne pas se taire, de se battre pour notre projet de civilisation, dans une Europe unie et multiculturelle».