Ni maquillage ni cheveux teints pour les écoliers au Pérou
Plus de maquillage ni de cheveux teints et coupe courte pour les garçons: le gouvernement péruvien entend rétablir la discipline dans les écoles. Ces mesures ont été vivement critiquées mardi par des organisations féministes et de défense des droits fondamentaux.
(Keystone-ATS) La présidente conservatrice, Keiko Fujimori, fille de l’ancien chef de l’Etat autocrate, Alberto Fujimori (1990-2000), a présenté lundi un projet de nouveau règlement destiné aux établissements publics du primaire et du secondaire.
Parmi les décisions annoncées figurent le rétablissement des notes de conduite, l’exclusion des élèves pour les fautes les plus graves et l’interdiction des téléphones portables, sauf autorisation des enseignants.
Le ministre de l’éducation, José Chang, a également annoncé l’interdiction du vernis à ongles et indiqué que les jupes des uniformes scolaires devraient respecter une longueur jugée «appropriée».
De l’ordre dans les écoles
«Il y a des limites. Il y a des droits, mais aussi des obligations […] Les garçons doivent avoir les cheveux courts. Il est totalement interdit de se teindre les cheveux ou de se maquiller», a déclaré Keiko Fujimori, lors de la visite d’une école de la périphérie de Lima.
«L’ordre ne doit pas seulement régner dans les rues, il doit aussi revenir dans nos écoles, dans nos classes», a ajouté Mme Fujimori, élue en juin sur une promesse de fermeté face à la criminalité et à la vague d’extorsions qui frappent le pays.
Le gouvernement entend également lutter contre le harcèlement et les violences sexuelles à l’école.
Mais pour les organisations féministes Manuela Ramos et le centre de la femme péruvienne Flora Tristán, «contrôler des aspects tels que les cheveux ou le maquillage ne prévient ni les agressions sexuelles ni les autres formes de violences scolaires».
De son côté, la coordination nationale des droits humains a dénoncé les restrictions concernant l’apparence des élèves, estimant qu’il s’agissait de mesures «populistes et autoritaires».
La proposition doit encore faire l’objet d’un débat public avant son adoption définitive. Son entrée en vigueur est envisagée d’ici à la fin de l’année, selon le ministre de l’éducation.