Le Palais fédéral au quotidien
Pour les députés, le Palais fédéral est avant tout un lieu de travail. Ce qui ne les empêche cependant pas de sentir le poids de l'histoire.
Les conseillers nationaux sont généralement sensibles à l’importance du lieu. «C’est un symbole du pouvoir qui est impressionnant», déclare ainsi Jean Fattebert (UDC/VD). Pour Patrice Mugny (Vert/GE), c’est «un lieu de pouvoir et de débat important pour la démocratie suisse».
Maurice Chevrier (PDC/VS) reste pour sa part toujours aussi impressionné par le symbolisme du lieu. «Lorsque je suis entré pour la première fois, j’ai senti un poids sur mes épaules, parce que ce bâtiment contient les valeurs de ce pays», déclare-t-il.
Le plaisir de marcher sur le tapis rouge
Outre l’aspect symbolique, de nombreux députés sont également sensibles au poids de l’histoire. «C’est quelque chose qui laisse des traces dans la vie d’un homme, déclare par exemple Flavio Maspoli (Lega/TI). C’est la même salle où parlait Minger, où parlait Celio».
Tous les députés ne sont cependant pas impressionnés par les lieux. Ainsi Fernand Cuche (Vert/NE) dit «ne pas ressentir d’émotion particulière» lorsqu’il entre au Palais. «Ce n’est pas un lieu très accueillant», estime l’élu écologiste.
Liliane Maury Pasquier (PS/GE) reconnaît pour sa part qu’il s’agit d’un lieu imposant. Mais la présidente du Conseil national n’en est pas pour autant outre mesure impressionnée. «Je souris toujours à l’idée de marcher sur le tapis rouge», déclare-t-elle.
Claude Frey (PRD/NE) a cependant un antidote pour ceux de ses collègues qui pourraient être blasés. «L’œil de l’extérieur nous rappelle à la réalité, déclare-t-il. On constate sur le visage des visiteurs que nous nous trouvons dans un bâtiment particulier.»
Un peu à l’étroit
Reste que le Palais a désormais 100 ans. On peut donc se demander si une bâtisse de cet âge peut encore répondre aux exigences des parlementaires de ce début de 21e siècle. Les conseillers nationaux ont des avis partagés sur la question.
Certains se montrent satisfaits des infrastructures. «Les volumes permettent de s’adapter aux exigences modernes», déclare Jean Spielmann (PdT/GE). «Ca ne va pas si mal, ajoute Jean Fattebert. On a par exemple des ordinateurs à disposition.»
Mais bien d’autre élus, peut-être même un majorité, ne jugent pas les conditions satisfaisantes. Patrice Mugny parle de «conditions minimalistes de travail». Fernand Cuche trouve pour sa part que l’endroit est «beaucoup trop bruyant».
En fait, de nombreux élus, à l’instar de Charles Favre (PRD/VD), souhaitent disposer d’un bureau personnel pour mieux accomplir leur travail parlementaire. C’est également l’avis de Liliane Maury Pasquier qui goûte pleinement sa chance de disposer d’un bureau en cette année présidentielle.
Mais l’idée de disposer d’un bureau ne convainc pas tous les élus. Pour Claude Frey, un Parlement de milice ne siège pas assez souvent pour nécessiter des bureaux privés. L’élu neuchâtelois rappelle que des bureaux avaient été mis à disposition dans l’aile Est du Palais. Mais les députés les avaient si peu fréquentés que les locaux avaient finalement été destinés à d’autres tâches.
swissinfo/Olivier Pauchard, Palais fédéral
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