Adhésion de la Suisse à l´ONU: le gouvernement estime le moment venu
Le gouvernement helvétique a lancé jeudi une procédure de consultation relative à l´adhésion de la Suisse à l´ONU. L´objet pourrait être soumis au peuple en 2002 déjà. Selon le gouvernement, les chances de succès sont importantes.
Le ministre suisse des affaires étrangères, Joseph Deiss, a rappelé devant la presse que la Suisse, avec le Vatican et Tuvalu, est l’un des rares pays souverains à ne pas faire partie de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Or, il est de moins en moins concevable de rester en dehors de cette structure.
En effet, mondialisation oblige, nous vivons dans un monde de plus en plus interdépendant, dans lequel les questions de portée planétaire se multiplient, a souligné Joseph Deiss. Or, l’ONU est la seule organisation véritablement universelle qui puisse aborder tous les défis.
De plus, une adhésion à l’ONU renforcerait la politique extérieure de la Suisse, notamment en lui permettant de nouer d’importants contacts politiques et de consolider son réseau de relations. Le ministre des affaires étrangères a au passage une nouvelle fois souligné le paradoxe qui veut que la Suisse soit aujourd’hui le deuxième siège de l’ONU et qu’elle n’en fasse même pas partie.
Le peuple avait refusé une adhésion de la Suisse à l’ONU en 1986. Mais pour Joseph Deiss, ce projet bénéficie aujourd’hui d’un large soutien. Ce sujet est à l’agenda politique du gouvernement et il est soutenu par le Parlement. Par ailleurs, une initiative populaire dans ce sens a abouti avec plus de cent-vingt mille signatures.
Le gouvernement devra cependant prendre son bâton de pèlerin pour convaincre. Pour y parvenir, il faudra certes plaider les avantages d’une adhésion, mais également ne pas occulter les désavantages.
Ainsi, une adhésion engendrera un coût supplémentaire de 50 à 60 millions de francs par an, a estimé Joseph Deiss. De plus, il est vrai que le fonctionnement de l’ONU est encore loin d’être parfait. Mais le ministre a rappelé qu’il était plus facile de faire évoluer la situation de l’intérieur de l’organisation que de l’extérieur.
Et pour lever les résistances, le gouvernement tient encore à souligner qu’une adhésion ne nuira en rien à la neutralité de la Suisse et qu’elle ne crée aucune obligation de participer à des opérations militaires.
La procédure de consultation auprès des milieux intéressés durera jusqu’au 5 octobre. Un message sera adressé au Parlement cette année encore, afin qu’il puisse en débattre en 2001. Cette étape débouchera sur le vote populaire, qui peut être envisagé à l’horizon 2002.
Olivier Pauchard
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