Un grand pas pour la Suisse
Les commentateurs de la presse nationale sont dans l'ensemble soulagés de l'adhésion de la Suisse à l'ONU. Les Romands semblent toutefois plus enthousiastes.
Le commentaire du Matin donne le ton de la presse romande: «L’espoir est revenu». Pour le quotidien populaire, le résultat de dimanche suscite l’espoir d’un pays plus ouvert au monde et encore plus solidaire.
Pour La Liberté, ce vote «contribuera à restaurer l’image de la Suisse». Quant à 24 Heures, il estime que les Suisses ont montré qu’ils avaient commencé à changer.
Malgré cet enthousiasme, les journalistes ne sont pas dupes du poids réel de la décision suisse. Tant pour Le Matin que pour Le Temps et La Presse Riviera/Chablais, le vote de dimanche est un «petit pas pour l’ONU, mais un grand pas pour la Suisse».
Les Alémaniques relativisent
Les réactions sont un peu plus contrastées du côté alémanique. Certes, le Blick laisse éclater sa joie en titrant «Nous y sommes!». Mais d’autres journaux sont plus modérés.
Pour le Tages-Anzeiger, les Suisses ont simplement mit fin à la «farce» de la neutralité traditionnelle. «La Guerre froide s’est achevée aussi en Suisse», conclut ironiquement le grand quotidien zurichois.
Pour le Bund, le vote ne change rien au fait que la Suisse reste un pays conservateur. Quant à la Neue Zürcher Zeitung, elle note que le vote n’est pas un oui de l’enthousiasme mais un oui de la raison.
Blocher toujours là
Quelle que soit la région linguistique, les analystes sont partagés sur la signification que revêt l’entrée de la Suisse dans l’ONU pour l’Union démocratique du centre. La Neue Zürcher Zeitung parle d’un «Waterloo» subi par Christoph Blocher.
«Le résultat d’hier forcera Blocher et compagnie à modérer leurs revendications quant à l’attribution d’un siège supplémentaire au Conseil fédéral (du moins jusqu’au prochaines élections fédérales)», note de son côté le Giornale del Popolo.
Mais d’autres commentateurs estiment que si l’UDC a perdu une bataille, elle n’a pas perdu la guerre. Avec le score de dimanche, le parti de Christoph Blocher «démontre un pouvoir de nuisance intact, voire croissant», note ainsi L’Impartial. Pour la Basler Zeitung, les 45% de non à l’ONU pourraient même donner un coup de pouce supplémentaire à l’UDC pour les élections fédérales de 2003.
Le Blick remarque au passage que l’UDC sait toujours tirer son épingle du jeu. «Elle change les défaites en victoires. Elle met d’ores et déjà en garde contre les conséquences néfastes de ce vote. L’UDC est une mauvaise perdante», juge le quotidien.
Reste à convaincre
L’ensemble des journalistes sont en revanche d’accord pour dire que Joseph Deiss est le vainqueur du scrutin. Pour la majorité d’entre eux, le ministre des Affaires étrangères a sauvé sa tête grâce à ce résultat positif.
Reste maintenant à convaincre du bien-fondé de cette adhésion. «Le Conseil fédéral a conquis de haute lutte son droit à la parole. Maintenant que la Suisse peut se faire entendre haut et fort, y compris dans l’enceinte des Nations Unies, il convient qu’elle décide rapidement de ce qu’elle veut y dire», conclut le Temps.
Olivier Pauchard
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