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Revolut veut devenir une banque «du quotidien» en Suisse

Keystone-SDA

Revolut ambitionne de devenir une banque "du quotidien". Sa force de frappe sera aussi dans le recrutement de talents locaux, selon Julian Biegmann, directeur général pour la Suisse et David Tirado, directeur commercial et associé.

(Keystone-ATS) (interview par Ibtissam BENCHIKH)

AWP: qu’est-ce que l’obtention d’une licence bancaire suisse changera pour votre modèle d’affaires et vos ambitions sur le marché suisse?

JB: nombre de nos clients nous utilisent déjà pour leurs besoins courants et pas uniquement lorsqu’ils voyagent. Ils nous utilisent aussi lorsqu’ils vont à l’école, se déplacent, achètent des billets de train, etc. A long terme, notre objectif est de devenir la banque «du quotidien» des clients suisses en Suisse. Pour ce faire, nous devons être en mesure d’adapter notre offre et de proposer une gamme de services bancaires beaucoup plus complète. Il s’agit d’élever le niveau des services que nous pouvons déjà proposer. Cela comprend notamment la possibilité, pour les clients suisses, de déposer leur argent chez nous et de faire verser leur salaire directement sur leur compte, ce qui n’est pas possible aujourd’hui. Avoir une licence bancaire complète nous rendra encore plus pertinents.

AWP: la Suisse est un marché particulièrement exigeant en matière de confiance, de réglementation et de protection. Comment allez-vous convaincre les clients de faire de Revolut leur banque principale?

DT: pour gagner la confiance des consommateurs suisses, il faut opérer en tant que banque suisse sur le long terme et ne pas rester indéfiniment une succursale de banque étrangère. Les gens veulent savoir que leur épargne et leur argent sont réellement gérés par un établissement suisse, supervisé par la Finma. Il ne s’agit pas seulement de proposer des services de paiement compétitifs, mais aussi une gamme de produits bancaires, d’investissement, d’épargne et de planification de la retraite. L’ensemble de ces services sera essentiel et permettra de convaincre les clients afin d’établir une relation de confiance, en étant convaincant et capable de répondre à l’ensemble de leurs besoins financiers. Cela étant dit, la confiance passera évidemment aussi par l’obtention de la licence bancaire.

AWP: avec cette licence, Revolut sera directement en concurrence avec les banques suisses établies. Quelle est votre ambition et votre positionnement pour les cinq prochaines années?

JB: sans donner de chiffres précis, nous voulons faire partie des principales banques en Suisse au cours des prochaines années et nous imposer véritablement comme une banque du quotidien pour les clients suisses. Nous avons enregistré une croissance très saine ces dernières années et nous espérons vraiment pouvoir maintenir un rythme similaire. Ce ne sont pas seulement les chiffres globaux qui comptent, mais le nombre de clients qui choisissent de nous confier leurs opérations bancaires du quotidien. Au cours des 17 derniers jours, nous avons accueilli un million de nouveaux clients sur la plateforme.

AWP: combien de temps pensez-vous que le processus d’obtention de la licence prendra? Et quand souhaiteriez-vous commencer à opérer en tant que banque en Suisse?

JB: le processus prendra le temps qu’il faudra à la Finma pour examiner notre demande de licence bancaire. Nous ne pouvons pas avancer de délai ni donner la moindre indication à ce sujet. Cela prendra le temps nécessaire à la Finma pour mener à bien son évaluation et, soyons clairs, l’issue de la procédure n’est pas garantie. Evidemment, nous avons fait tout notre possible pour présenter le meilleur dossier. Nous avons effectué un travail préparatoire extrêmement rigoureux pour constituer notre demande, mais, au final, c’est à elle de décider ou non de nous accorder une licence.

AWP: vous vous êtes engagés à investir plus de 150 millions de francs en Suisse au cours des cinq prochaines années. Où cet investissement sera-t-il consacré et quels résultats en attendez-vous?

JB: une grande partie de ces 150 millions de francs sera consacrée aux talents locaux, c’est-à-dire au recrutement et au développement de nos équipes en Suisse. Pour opérer en tant que banque, nous avons évidemment besoin d’une équipe complète, notamment dans les domaines de la conformité, de la lutte contre la criminalité financière, de la technologie et dans bien d’autres fonctions. Nous avons donc déjà considérablement renforcé nos équipes et nous nous attendons à ce qu’elles continuent de se développer au cours des 18 prochains mois. Nous comptons 30 personnes en Suisse actuellement et ambitionnons de tripler les effectifs d’ici fin 2027.

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