Génie génétique: un colloque pour évaluer les risques
Pour alimenter le débat sur le génie génétique, l'Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage (OFEFP) organise quatre symposiums de spécialistes. Premier rendez-vous, cette semaine, à Berne, autour de la question des risques.
«Le risque zéro n’existe pas». Sur ce point, les orateurs invités mardi par l’OFEFP sont tous tombés d’accord. Même si l’on ne parle que de produits agricoles, les scientifiques ne veulent pas s’aventurer à déclarer les organismes génétiquement modifiés (OGM) totalement inoffensifs.
Aux risques potentiels pour la santé humaine s’en ajoutent d’autres, liés à la dissémination de pollens génétiquement modifiés dans la nature. Ainsi les micro-organismes vivant dans l’estomac des abeilles peuvent-ils subir des modifications génétiques à la suite de l’absorption de ces pollens, remettant en question la pureté même du miel.
En citant cet exemple dans son discours de bienvenue, Philippe Roch n’a pas manqué de tirer la sonnette d’alarme: «qui peut prétendre maîtriser de tels phénomènes, lance le directeur de l’OFEFP, alors que l’on ne connaît même pas avec exactitude la composition du miel, qui comporte des centaines de substances naturelles?»
Des inquiétudes relayées par le célèbre pourfendeur du génie génétique, Jeremy Rifkin. Selon le défenseur des consommateurs américains, «les nouvelles technologies devraient être utilisées pour comprendre la nature, pas pour la changer».
Plus modéré, Bernard Chevassus-au-Louis ne nie pas les risques liés à la production d’OGM. Mais le professeur de l’Institut national de la recherche agronomique de Paris souligne que les inquiétudes prennent ici une ampleur sans précédent.
Et Bernard Chevassus-au-Louis de rappeler que l’arrivée de nouvelles espèces – comme la pomme de terre en son temps -, de nouvelles méthodes de sélection ou de nouveaux engrais n’avait jamais mis le monde agricole en pareille ébullition.
Ce symposium était le premier d’une série de quatre rendez-vous. Les trois prochains s’étaleront entre cet automne et octobre 2001. En organisant ces journées, l’OFEFP entend alimenter le débat, à l’heure où une commission du Conseil des Etats empoigne l’examen d’un projet de législation complémentaire sur le génie génétique, en réponse à une motion déposée au lendemain du vote sur l’initiative populaire refusée en 1996.
Marc-André Miserez
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