Nouvel homicide avec une arme de service

L'arrêt de bus zurichois où le drame a eu lieu. Keystone

Une recrue de 21 ans de l'armée suisse a avoué avoir tué une jeune femme de 16 ans à un arrêt de bus vendredi à Zurich.

Ce contenu a été publié le 27 novembre 2007 - 18:14

Pour les auteurs de l'initiative «Pour la protection face à la violence des armes», ce meurtre démontre une nouvelle fois que la place des armes de service est à l'arsenal.

Les motifs ainsi que le déroulement du meurtre ne sont pas encore établis. Une chose est sûr, le soldat qui a tué la jeune apprentie coiffeuse vendredi à Zurich ne la connaissait pas, a indiqué la procureure en charge du dossier.

Catherine Nägeli n'a pas voulu indiquer où le meurtrier s'était procuré la munition. Arrêté lundi, ce dernier – un Suisse de 21 ans - venait de terminer son école de recrue. Il a avoué les faits.

Samuel Schmid choqué

Actuellement en visite au Libéria, où il a notamment visité le contingent pakistanais de la mission de l'ONU, le chef du Département fédéral de la défense (DDPS) Samuel Schmid s'est dit «choqué» après avoir appris que le meurtrier d'une jeune fille à Zurich était une recrue de l'armée suisse.

Il a déploré ce drame et présenté ses condoléances aux proches de la famille, indique son porte-parole Jean-Blaise Defago, contacté à Monrovia.

Egalement très touchée, la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey constate que les règles actuelles ne suffisent pas. Il faut reprendre la discussion concernant la remise des armes de service à la maison.

La décision du Conseil fédéral et des Chambres de ne plus remettre de munitions aux militaires quand ils rentrent à la maison n'est qu'une demi-mesure, a déclaré la présidente de la Confédération. La question de l'arme reste posée, a-t-elle ajouté.

Les armes à l'arsenal

Selon les auteurs de l'initiative «Pour la protection face à la violence des armes», le meurtre qui s'est produit vendredi à Zurich démontre une nouvelle fois le danger que représente la large diffusion des armes en Suisse.

Une des initiantes, la conseillère nationale socialiste zurichosie Chantal Galladé s'est dit consternée par cet homicide.

La Zurichoise aussi est étonnée du fait que le meurtrier disposait de munitions. Selon elle, l'armée a cessé de distribuer des balles aux soldats qui rentrent chez eux.

Les Chambres fédérales ont en effet décidé il y a quelques mois d'interdire la détention de munitions militaires à la maison. Mais elles avaient refusé de franchir le pas pour les armes.

C'est pourquoi, la gauche a lancé en septembre une initiative demandant que les soldats laissent leurs armes dans les arsenaux. Les initiants ont déjà récolté 25'000 signatures.

swissinfo et les agences

En bref

En Suisse, il était jusque là imposé aux soldats de conserver leur équipement militaire à domicile, arme comprise.

Ce maintien de l'arme à domicile fait désormais régulièrement l'objet de critiques. En effet, les armes militaires tuent plus de 300 personnes chaque année dans le pays.

Une initiative populaire a été lancée afin de provoquer un vote au niveau national portant notamment sur le retour des armes militaires à l'arsenal et sur l'établissement d'un registre national des armes.

Selon un sondage réalisé le printemps dernier, 65,6% des citoyens voteraient en faveur d'une interdiction des armes à domicile et 37% estiment qu'une interdiction de conserver une arme réduirait les drames familiaux.

Au total, le nombre estimé d'armes à feu en circulation en Suisse se situe entre 1,2 et 2 millions d'unités.

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