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Tableaux russes saisis... puis libérés

Parmi les oeuvres prêtées par le Musée Pouchkine, cette peinture de Gauguin. 

(Fondation Gianadda)

Le gouvernement suisse a décidé de libérer les tableaux appartenant au Musée Pouchkine de Moscou saisis plus tôt dans la journée.

Les œuvres avaient été séquestrées sur demande de la société genevoise Noga, en litige financier avec la Russie.

La saisie a été levée mercredi en fin d'après-midi sur ordre du gouvernement helvétique. Par cette décision, le Conseil fédéral entend respecter ses obligations internationales et éviter tout différend d'ordre juridique avec la Russie.

«Les biens culturels nationaux sont protégés de la saisie par le droit international», précise à swissinfo l'ambassadeur Paul Seger, responsable de la Direction du droit international public au ministère suisse des affaires étrangères.

La décision du gouvernement est en outre fondée sur la Constitution qui donne au Conseil fédéral la compétence de prendre des dispositions immédiates lorsque les intérêts du pays sont en jeu.

Exposés en Suisse

Ces tableaux impressionnistes avaient été prêtés par le Musée Pouchkine de Moscou pour une exposition à la Fondation Gianadda, en Valais, qui s'est achevée dimanche. Les œuvres ont été saisies mercredi lors de leur transport en camion.

C'est l'Office des poursuites et des faillites du canton de Genève qui est à l'origine de cette démarche, a précisé à l'agence de presse AP un porte-parole de la police cantonale valaisanne.

Litige financier

Il a semble-t-il agi sur requête de la société genevoise Noga appartenant au financier Nessim Gaon. Noga est en litige avec l'Etat russe depuis le début des années nonante.

Un contrat de troc de nourriture contre du pétrole, portant sur 1,5 milliard de dollars, est à l'origine du différend. La Russie aurait cessé unilatéralement ses livraisons de pétrole, lésant ainsi la société genevoise.

Depuis, pour récupérer les sommes qu'elle estime lui être dues, Noga tente de saisir des biens de l'Etat russe à l'étranger. Noga avait obtenu auparavant le séquestre du voilier «Sedov» ainsi que d'avions militaires, au Bourget, en France.

«Prise d'otage»

Selon l'agence russe Interfax, les oeuvres saisies mercredi ont une valeur assurée d'un milliard de dollars. Trois camions auraient été interceptés à Bâle, deux à Martigny et un à Genève par les gardes-frontière.

La directrice du musée Pouchkine, Irina Antonova, a déclaré à la chaîne de télévision russe Channel One que des collaborateurs du musée qui accompagnaient les oeuvres s'étaient également vus retirer leur passeport et leur téléphone portable de manière illégale.

Dans la journée, la Russie a crié au scandale après la saisie des tableaux. «Les chefs-d'oeuvre de l'art mondial ne peuvent pas être pris en otage pour des contentieux juridiques», avait dénoncé le président du Parlement, Boris Gryzlov, cité par l'agence russe Itar-Tass.

Pour sa part, l'agence fédérale russe de la culture avait demandé de stopper toutes les négociations en cours pour des prêts d'oeuvres d'art pour des expositions en Suisse.

Relations russo-suisses

Interrogé par swissinfo après la levée de la saisie, le porte-parole de l'ambassade de Russie à Berne Igor Petrov s'est dit «soulagé» par la décision des autorités helvétiques.

Il a ajouté qu'il ne pensait pas que cette affaire aurait une influence directe sur les relations entre la Suisse et la Russie. «Bien sûr, de tels incidents ne sont pas bénéfiques. Mais l'affaire semble réglée et je pense que nous allons pouvoir continuer à nourrir d'excellentes relations.»

swissinfo et les agences

Faits

Les tableaux saisis ont été exposés du 17 juin au 13 novembre à la Fondation Gianadda, à Martigny.
L'exposition était consacrée aux «chefs-d'oeuvre de la peinture française dans la collection Pouchkine à Moscou».
Elle couvrait trois siècles de peinture française et comptait 55 oeuvres, allant de Nicolas Poussin (XVIIe siècle) à Pablo Picasso (XXe).
L'exposition présentait aussi des oeuvres majeures de Manet, Monet, Renoir, Degas, Van Gogh, Gauguin, Cézanne et Derain.

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En bref

- Avant cet épisode des tableaux saisis, les relations entre la Suisse et la Russie ont été menacées par d'autres incidents.

- Le crash d'Uberlingen le 1er juillet 2002, dans lequel une cinquantaine d'enfants russes étaient morts, avait suscité de vives critiques, notamment contre les autorités suisses.

- L'affaire des comptes Yukos bloqués en Suisse a également provoqué des tensions entre les deux pays.

- Dernier épisode en date: la décision de l'Office fédéral de la justice suisse d'extrader l'ex-ministre russe de l'énergie nucléaire Evgueni Adamov, accusé de malversations, vers les Etats-Unis plutôt que vers la Russie.

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