Un expert de l'OMS menacé de mort

Qui en veut à German Velasquez, un Colombien de 53 ans, qui se bat depuis des années pour améliorer l'accès des pays pauvres aux médicaments essentiels? Plusieurs fois agressé, ce directeur de l'OMS vit sous protection policière.

L'affaire débute le 26 mai dernier, German Velasquez est frappé d'un coup de couteau et dévalisé à Rio de Janeiro. Deux jours plus tard, il est de nouveau agressé à coups de pieds à Miami. «Nous espérons que tu as compris la leçon de Rio. Arrête de critiquer l'industrie pharmaceutique», le prévient-on. A peine est-il rentré à Genève, que les menaces, toujours aussi précises, se multiplient au téléphone.

Ouverture d'une enquête

Depuis, ce docteur en économie, diplômé de la Sorbonne, vit sous la protection d'une patrouille de sécurité de l'Organisation des Nations unies et de la police française. German Velasquez, directeur du programme des médicaments de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) vit à Ferney-Voltaire, à la frontière franco-suisse.

Les menaces sont jugées suffisamment sérieuses pour que le procureur de Bourg-en-Bresse, dans le département de l'Ain, ouvre une enquête. Il n'est bien évidemment pas question de mettre en cause l'industrie pharmaceutique. Mais il faut reconnaître que ce Colombien de 53 ans, auteur de «L'industrie du médicament et le tiers monde» est un peu leur bête noire.

Devenu un héros

Cet expert réputé de l'OMS défend l'idée que les pays pauvres doivent pouvoir acheter à des prix réduits des médicaments essentiels contre le sida ou le paludisme. L'accord sur la propriété intellectuelle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) prévoit la fabrication des médicaments sans le consentement du détenteur du brevet au nom d'une «situation d'urgence nationale».

Quatre mois après le bras de fer qui a opposé l'Afrique du Sud à 39 laboratoires pharmaceutiques, c'est au tour du Brésil de menacer le groupe suisse Roche de produire un générique (une copie) de son médicament contre le sida, le Viracept, rebaptisé localement Nelfinavir.

Roche, qui a déjà baissé son prix de 13% en avril, annonce une nouvelle réduction de 30%. De son côté, le Brésil réclame une chute des prix de 40% pour ne pas mettre sa menace à exécution. Depuis son agression, German Velasquez est devenu un héros dans son pays. Le grand hebdomadaire colombien Semana lui a consacré quatre pages sous le titre «David contra Goliat»

Ian Hamel

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