Université de Neuchâtel: nouvelles admissions en léger recul
L'Université de Neuchâtel (UniNE) compte 2046 admissions de nouveaux étudiants à quelques jours de la rentrée universitaire, un chiffre en recul par rapport à l'an dernier (2174). L'institution renforce son offre d'enseignement en lien avec les questions liées à l'intelligence artificielle (IA) et ses partenariats internationaux, notamment avec l'Ecole du Louvre.
(Keystone-ATS) «On prend cette baisse du nombre d’étudiants au sérieux, vu qu’une partie du financement en dépend, mais les prévisions de l’OFS pour les prochaines années tablent sur une évolution à la hausse», a déclaré jeudi Deniz Gyger Gaspoz, nouvelle rectrice de l’Université de Neuchâtel. L’établissement constate aussi qu’il s’agit d’une consolidation à un haut niveau puisque pour la 4e année consécutive, la barre des 2000 admissions a été atteinte.
Dans le détail, 930 étudiants vont commencer un bachelor (–15 personnes par rapport à 2025), 1011 un master (–42) et 105 un autre cursus (–71). Ce dernier chiffre correspond soit à la 1ère année de propédeutique, soit à des cours de français pour les étrangers. «Il y a eu une forte demande en lien notamment avec les personnes venues d’Ukraine, qui a ralenti cette année», a précisé la rectrice.
De manière générale, les admissions de cette rentrée sont stables à la faculté des lettres et sciences humaines, en hausse en droit et en recul dans les facultés des sciences et des sciences économiques. L’université, qui comptait à fin décembre 4549 étudiants, a connu une légère baisse aussi bien des étudiants suisses qu’étrangers. En bachelor, une grande partie des élèves vient de l’Arc jurassien.
En lien avec l’IA, l’UniNE lance un projet-pilote commun aux quatre facultés avec dix modules interactifs à réaliser en autonomie et un atelier final à la fin du semestre pour les étudiants de première année. En droit, des cours apparaissent sur l’IA et la régulation du commerce international, sur la souveraineté numérique ainsi que sur l’analyse comparative de la manière de réguler l’IA selon les pays.
L’université accroît aussi ses partenariats internationaux avec deux nouveaux masters. Le Master en sciences de l’éducation inclusive est proposé en partenariat avec l’Université de Lorraine et l’Université catholique du Sacré-Cœur de Milan. Un Master international en études muséales est lancé avec l’Ecole du Louvre.
Baisse des recettes
«Dans ce dernier cas, il existait déjà une collaboration mais le nouveau partenariat est un renforcement. Il permettra une formation conjointe et un double master», attribué aussi bien par l’UniNe que par Le Louvre, a précisé Fabian Greub, secrétaire général.
L’établissement, qui tourne avec environ un budget de 140 millions de francs par année, va subir une baisse de recettes de 1 million en lien avec les économies fédérales. Le recul pourrait être de quasi même ampleur de fonds de tiers, comme le Fonds national suisse (FNS). «Cela pourrait impacter nos chercheurs», a ajouté Deniz Gyger Gaspoz.
La rectrice a redit que l’UniNe n’est pas favorable à une hausse des taxes universitaires, pour permettre un accès aux études le plus large possible au sein de la population. Elle a rappelé qu’une décision d’une éventuelle augmentation de taxes est une prérogative du Conseil d’Etat.
La nouvelle équipe rectorale, en place depuis le début de l’année, a élaboré sa vision stratégique 2038. «C’est un exercice difficile de se projeter à dix ans. On a voulu se centrer sur nos valeurs et nos forces et notamment le fait que l’on soit une université à taille humaine, agile, réactive et avec beaucoup d’émulation des professeurs», a expliqué Deniz Gyger Gaspoz.
Dans les valeurs de l’UniNE, «l’humain est au centre et on va pousser la génération qui arrive à garder un esprit critique par rapport à l’IA et à réfléchir en termes de durabilité», a ajouté la rectrice. La vision stratégique sera détaillée en plan d’intentions, qui sera soumis au Conseil d’Etat en décembre.