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«Ben Laden, la vérité interdite»: la Suisse lavée de tout soupçon

Ecrit par deux proches des milieux de l'espionnage, cet ouvrage met l'accent sur les réseaux saoudiens du financement islamiste. Et innocente la Suisse.

«Ben Laden, la vérité interdite»: cet ouvrage risque de faire grincer des dents à Washington. Edité mercredi 14 novembre à Paris, le livre des Français Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié est en effet consacré aux négociations entre les Américains et les Talibans.

On y apprend que, pour des raisons de sécurité énergétique, les Etats-Unis ont négocié jusqu’en août 2001 avec les maîtres de Kaboul.

En clair, le lobby pétrolier, proche du président américain George Bush, considère que le Kazakhstan est le nouveau Koweït. Le problème, c’est que les pipelines passent par la Russie. Mieux vaut, pensent-ils, offrir une nouvelle route à l’or noir, utilisant l’Afghanistan et le Pakistan.

Marchandage

Le Pakistan étant déjà pro-américain, les Etats-Unis décident de séduire les talibans. «Vous nous livrez Ben Laden, et nous vous couvrons d’or», proposent-ils. Le discours avait commencé à séduire les talibans les plus modérés. C’est pour arrêter ce marchandage que les «durs» du régime auraient provoqué les attentats du 11 septembre.

L’enquête montre aussi que l’équipe de Bush décide, dès janvier 2001, de fermer les yeux sur les agissements de l’Arabie Saoudite. Pourtant, les services secrets, et notamment le FBI, montrent qu’Oussama Ben Laden a investi 50 millions de dollars dans Al Shamal Islamic Bank, domiciliée au Soudan.

Le directeur de cet établissement bancaire a reconnu qu’Oussama Ben Laden avait ouvert un compte en 1993 au nom de Wadi Al Aqiq, une société de droit saoudien. Pourtant, l’homme le plus recherché de la planète est officiellement banni de l’Arabie Saoudite.

Erreurs dissimulées

Bref, les Etats-Unis ont refusé de classer l’Arabie Saoudite parmi les «Etats terroristes», en raison de ses immenses réserves pétrolières. Pour dissimuler leurs erreurs après les attentats du 11 septembre, les Américains auraient volontairement induit en erreur l’opinion publique mondiale, en montrant du doigt les paradis fiscaux et la Suisse, les accusant de camoufler l’argent du terrorisme.

En septembre dernier, un expert de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) avait déjà confié à swissinfo que la chasse aux réseaux financiers par les services secrets américains n’était que «de la poudre aux yeux».

«Bien évidemment, les autorités américaines ne peuvent pas dire la vérité à leur opinion publique, depuis les attentats du 11 septembre. Elles détournent l’attention en désignant du doigt des petits pays qui ne possèdent pas les mêmes moyens pour se défendre, comme la Suisse», nous confiait un ancien membre des services secrets français.

Ian Hamel

«Ben Laden, la vérité interdite», Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié. Editions Denoël.

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