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La revanche de Basil

Basil Hoffmann (à g.) lors de la finale contre l'Italien Paolo Milanoli. Keystone

Basil Hoffmann a remporté la médaille d'argent de l'épée aux Mondiaux d'escrime de Nîmes. Il a été battu en finale par l'Italien Paolo Milanoli.

Celui que l’on traitait de «petit Suisse», allusion à sa taille et à son maigre palmarès, a donc pris sa revanche à Nîmes en décrochant l’argent.

«J’ai toujours dû passer par les qualifications dans les championnats du monde», se souvient le Bernois. Avec, à son actif, une maigre sixième place aux championnats juniors de 1996, le natif de Bienne émargeait à la 78e place du classement mondial.

Rêve prémonitoire

L’enseignant en histoire, en sports et en géographie de Brugg, âgé de 25 ans, avait en effet rêvé de ce succès sans trop y croire, quelques heures seulement avant d’entrer en piste.

«Je me suis réveillé ce matin sur le coup de six heures. Je me suis rendormis et j’ai rêvé que je disputais la finale du championnat du monde face à Paolo Milanoli». Seul le métal de la médaille n’était pas perceptible dans les songes du Biennois.

«Mais ma première réaction fut de la déception. J’aurais tellement aimé apporter à la Suisse sa première médaille d’or individuelle de l’histoire». La tâche était toutefois insurmontable en finale face à un Italien, vice-champion d’Europe, qui a joué de manière intelligente. «La première touche était importante. Il a ensuite géré son acquis comme l’Italie joue au football», analysait Hoffmann.

Le parcours du combattant

Basil Hoffmann commençait à trouver le temps long. «J’ai toujours eu l’impression que j’avais des possibilités», explique-t-il. Alors, il prend le taureau par les cornes. «J’ai pris des semaines de congé sans solde. Je me suis entraîné. Et j’ai appris à me calmer».

Arrivé à Nîmes, il entame son habituel parcours du combattant, alignant les combats en poules dont les plus grands sont épargnés. Mais, cette fois-ci, il en sort. En 16e de finale, le David helvétique sort le Goliath allemand Jorg Fiedler, numéro un mondial. Péniblement (avec une prolongation à la mort subite), mais sûrement.

En quarts de finale, il récidive, éliminant l’Allemand Daniel Strigel, tête de série n°7. «Je n’avais rien à perdre. Je n’ai pas cherché à comprendre». Hoffmann réussit à compenser sa petite taille (1,75 m).

En demi-finale, c’est le troisième Allemand vice-champion d’Europe par équipes – Oliver Lücke (29e mondial), culminant comme ses autres compatriotes à 2 mètres et plus -, qui a été victime de l’état de grâce du «petit». Basil Hoffmann, vainqueur 15-13.

Mais la finale s’est malheureusement résumée à une «mise à mort» pour Hoffmann dans les arènes de Nîmes, face au réalisme et à l’attentisme de l’Italien.

Le Biennois n’a en effet jamais trouvé l’ouverture, n’inscrivant en tout et pour tout que deux véritables touches, les quatre autres ayant été obtenues sur des touches simultanées.

Hoffmann est donc devenu le troisième Suisse après Olivier Jaquet, en 1994 à Athènes, et Daniel Giger, en 1983 à Vienne, a enlevé une médaille d’argent lors de l’épreuve individuelle à l’épée d’un championnat du monde.

swissinfo avec les agences

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