La Suisse presse Madagascar d’élucider un meurtre
Cinq ans après l'assassinat non élucidé d'un coopérant suisse à Antanarivo, la Confédération a remis, jeudi, aux autorités malgaches la synthèse de ses propres enquêtes. La Suisse demande à Madagascar d'élucider rapidement ce crime qui a brouillé les relations entre les deux pays.
Le 17 juillet 1996, le cadavre de l’ingénieur Walter Arnold était retrouvé, ligoté dans sa voiture au cœur d’Antanarivo, la capitale malgache. Cinq ans plus tard, les responsables du meurtre de ce cadre de l’agence de coopération helvétique (DDC) courent toujours.
Une organisation mafieuse suspectée
Pourtant, la Suisse a multiplié les démarches pour inciter la justice locale à conclure son enquête et mettre la main sur les assassins. Mais, face à l’inertie des autorités de la Grande Ile, Berne a finalement décidé de mener une série d’investigations dont les résultats intermédiaires ont été transmis jeudi.
En charge de cette enquête, le Ministère public de la Confédération s’est refusé à tout commentaire pour – officiellement – ne pas compromettre les suites de l’investigation et préserver les intérêts de la famille de la victime.
Mais, selon l’agence de presse lausannoise Infosud, l’ancienne police fédérale aurait mis en évidence plusieurs indices selon lesquels les instigateurs du crime appartiendraient à une organisation mafieuse active sur l’île.
Une chose est sûre: ce meurtre a précipité la décision helvétique de revoir de fond en comble sa coopération avec l’Etat malgache. Se fondant également sur une évaluation négative des résultats de cette coopération, Berne a donc décidé de supprimer purement et simplement Madagascar de sa liste de pays prioritaires.
Selon Gérard Siegfried, chargé de programme pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à la DDC, la bonne marche des projets suisses a buté sur les faiblesses, l’incompétence et la corruption qui minait l’Etat malgache.
Berne a donc stoppé net tous ses programmes impliquant le gouvernement local. Et la priorité à été donnée à la société civile et à ses membres les plus démunis.
Doté de 7 millions de francs, ce programme concerne trois régions rurales de la Grande Île. En outre, il est entièrement géré par une ONG suisse: Intercoopération.
Quant aux choix des projets, il est déterminé par des membres de la société civile malgache. «Cette démarche intéresse beaucoup les autres bailleurs de fond impliqués dans l’île», signale Gérard Siegfried.
Frédéric Burnand
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