La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Les apprentis sportifs dans les starting-blocks

swissinfo.ch

C'est une première. Dès le 1er août, plus d'une quarantaine de jeunes entrent en apprentissage sportif. Cette formation leur permet d'obtenir un certificat fédéral de capacité (CFC), au terme de quatre ans d'étude. Mais, plusieurs grands clubs sportifs boudent encore cette nouvelle filière de formation.

Les jeunes sportifs suisses ne devront plus jongler entre formation professionnelle et entraînements sportifs. Certains clubs sportifs vont se muer en véritables entreprises, autorisées à recruter des athlètes de talent et à leur proposer un apprentissage reconnu. Une nouveauté qui répond manifestement à un besoin.

De sérieux problèmes de réinsertion

«Selon une récente enquête, en Suisse, quelque 500 sportifs professionnels ne bénéficieraient d’aucune formation professionnelle», explique Hans Kelterborn. Ce responsable du domaine de l’apprentissage pour l’Association olympique suisse (AOS) constate qu’à la fin de leur carrière, «ces athlètes sont souvent confrontés à de sérieux problèmes de réinsertion».

Fort de ce constat, le gouvernement a adopté, l’an dernier, un rapport présenté par l’Office fédéral du sport. Ce qu’il préconise – la création d’un apprentissage pour sportif – est une révolution.

Derrière cette initiative visant à institutionnaliser une formation sportive, on trouve l’ancien conseiller fédéral Adolf Ogi. Mais aussi l’Association olympique suisse (AOS), l’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (l’OFFT) ainsi que certaines fédérations sportives.

«Pour l’heure, nous avons sélectionné trois disciplines – le football, le hockey sur glace et le saut à ski», précise Hans Kelterborn. Ces disciplines ont l’avantage d’offrir de bons débouchés pour les professionnels.

«A terme, précise Hans Kelterborn, l’offre de formation sera certainement étendue au cyclisme, à la natation ou au tennis».

Un vif succès chez les hockeyeurs

Pour cette première fournée d’apprentis du sport, c’est le hockey sur glace qui a rencontré le plus vif succès avec 26 candidats. Le football enregistre 16 inscrits. Quant au saut à ski, il se contente de deux adeptes.

En bon apprenti, le jeune sportif consacrera un jour et demi par semaine à sa formation générale. Il suivra ses cours – qui intègrent la culture générale mais aussi le marketing ou la connaissance du sport – dans le cadre des écoles de formation professionnelle. Quatre classes leur seront spécialement destinées à Fribourg et à Zurich.

Les apprentis sportifs passeront le reste de leur temps dans leurs clubs sportifs. Là, en plus de l’entraînement physique, les jeunes athlètes auront droit à une formation théorique en relation avec leur discipline de prédilection. L’examen final portera tant sur leurs aptitudes sportives que sur les diverses branches de cours.

Au bout de ce parcours, les lauréats seront titulaires d’un certificat fédéral de capacité (CFC) de sportif, mentionnant la discipline étudiée. «Avec ce diplôme en poche, même les jeunes qui interrompent leur carrière sportive peuvent rebondir sans difficulté, affirme Heinz Sutter, responsable de l’orientation des carrières sportives à l’AOS».

Le diplôme ouvre en effet sur de nombreuses autres formations. Les titulaires du CFC peuvent également viser une maturité professionnelle ou reprendre des études de sport à Macolin.

Reste que tous les clubs en mesure d’assurer la formation de jeunes talents n’ont pas saisi la balle au bond. Des clubs de foot aussi prestigieux que Grasshopper ou Young Boys n’ont pas engagé d’apprentis.

Côté hockey sur glace, les Lions de Zurich, Davos ou encore le Hockey Berne ont également décliné l’offre.

«Nous obtenons d’excellents résultats en collaborant avec une école privée», affirme Daniel Baur, responsable du mouvement des juniors au Hockey Berne.

Selon lui, «les clubs qui ont déjà une bonne organisation ne vont pas abandonner leur système de formation au profit d’une filière qui n’a pas encore fait ses preuves». Un avis confirmé par les professionnels de la branche.

En Suisse une soixantaine d’écoles offre déjà une formation adaptée aux besoins de jeunes athlètes. «Elle débouche généralement sur une maturité ou formation commerciale», précise Heinz Sutter.

Mais seule une quinzaine d’entre elles sont cantonales. «Les autres sont des institutions privées, souligne Heinz Sutter. Et leurs frais de scolarisation varient de 15 000 francs – pour les moins onéreuses – à 40 000 francs par an pour les plus chers».

De quoi dissuader de nombreux talents même si les clubs sportifs assument généralement une partie de frais de formation.

Vanda Janka

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision