Peter Aliesch s’excuse publiquement
Soupçonné de corruption passive, le conseiller d'Etat radical grison se défend d'avoir été «acheté». Il a, toutefois, fait des excuses publiques pour avoir accepté des cadeaux d'un financier grec.
Peter Aliesch veut que son immunité soit levée. «Je ne pourrai me défendre de manière appropriée contre les accusations qui pèsent sur moi que dans le cadre d’une procédure pénale.»
Mardi après-midi, à Coire, le chef du Département de justice et police grison a lu une prise de position devant la presse. Un texte qu’il a ensuite envoyé à la Commission juridique du Grand Conseil grison.
La balle est désormais dans le camp de cette Commission qui doit se réunir en session spéciale, vraisemblablement le mois prochain, pour statuer sur la levée de l’immunité de Peter Aliesch.
Avec ces excuses, le politicien grison a donc respecté les exigences de la direction cantonale de son parti.
Mais les radicaux ont vivement condamné le comportement du conseiller d’Etat. De même que ses collègues de l’exécutif cantonal. Tous lui reprochent d’avoir accepté des cadeaux, en l’occurrence un manteau de fourrure et des vacances en Grèce et à St. Moritz, de la part de l’homme d’affaires grec Panagiotis Papadakis.
Reste à savoir si l’homme d’affaires à bel et bien obtenu une autorisation de séjour et de travail en échange. Le ministère public devra décider de la mise en accusation de Peter Aliesch. Et s’il est formellement inculpé, le conseiller d’Etat grison devra démissionner. Ainsi en a décidé son parti.
Un homme d’affaires aux activités douteuses
Quant à Panagiotis Papadakis, l’autre acteur de cette affaire, il s’est réfugié en Grèce pour échapper à la justice zurichoise qui l’accuse notamment de fraude et de corruption.
Difficile d’en savoir plus sur cet homme d’affaires aux activités douteuses. Le juge d’instruction responsable du dossier est en effet actuellement en vacances.
Mais, selon les médias, Panagiotis Papadakis aurait utilisé ses relations avec des Suisses pour mettre en confiance des investisseurs grecs qui auraient perdu l’argent qu’ils lui avaient confié.
Installé dans un bureau de la Bahnhofstrasse, à Zurich, il aurait fondé plusieurs sociétés en Suisse, dont certaines seraient absentes du Registre du commerce.
Enfin d’après le quotidien Le Temps, il aurait également des liens avec le «Dominion de Melchizedek», une entité fictive qui n’existe que sur l’Internet. Fondé par des escrocs américains, ce dominion serait impliqué dans des fraudes internationales.
swissinfo avec les agences
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