Un conseiller d’Etat grison défraye la chronique
Corruption passive présumée. Histoires de drogue. Depuis quelques jours, la presse alémanique se déchaîne contre le chef du Département de justice et police du canton des Grisons, le radical Peter Aliesch. Dont le comportement - en l'occurrence le fait d'avoir accepté des cadeaux - est vivement condamné par son parti.
Rebondissement, ce week-end, dans l’affaire qui défraye la chronique depuis plusieurs jours outre-Sarine. Avec de nouvelles révélations de la presse dominicale.
Selon la SonntagsZeitung, en 1996, deux trafiquants de cocaïne auraient affirmé que Lea Krausz était l’une de leurs clientes. A l’époque, Lea Krausz fréquentait déjà Peter Aliesch, chef du Département de justice et police des Grisons qui allait devenir son mari.
Ceci explique peut-être cela. Pour l’hebdomadaire dominical, Lea Krausz n’aurait pas été inquiétée par les autorités judiciaires.
Peter Aliesch, lui, refuse de prendre position sur ces révélations. Tout comme son parti. «C’est à sa femme de répondre à ces accusations, et cela n’a rien à voir avec l’affaire», estime ainsi le président du PRD grison, Hans Joos.
Des relations délictueuses
Revenons sur «l’Affaire» justement. Une affaire de corruption passive sur laquelle Peter Aliesch s’est expliqué lundi en fin d’après-midi devant ses collègues de parti.
A la une des journaux alémaniques depuis quelques jours, le conseiller d’Etat radical est soupçonné d’avoir entretenu des relations délictueuses avec un Grec du nom de Panagiotis A. Papadakis, selon l’enquête ouverte par le Ministère public zurichois.
Peter Aliesch aurait accepté des cadeaux incompatibles avec ses fonctions – en l’occurrence, un manteau en vison à 10 000 francs, des vacances en Grèce et quelques réceptions en Suisse. En échange, le conseiller d’Etat grison aurait facilité l’octroi d’une autorisation de séjour et de travail au financier grec.
Peter Aliesch aurait, en outre, favorisé la rencontre de Panagiotis A. Papdakis avec d’autres politiciens suisses, dont le ministre des Finances, Kaspar Villiger.
Peter Aliesch – qui s’est déjà exprimé samedi soir dans une interview à la télévision alémanique DRS – parle de mensonges. Il songerait même à porter plainte pour diffamation.
Situation délicate
Quoi qu’il en soit, le chef du Département de justice et police grison reste dans une situation très délicate. Il aura de la peine à convaincre la presse qu’il a convoquée pour mardi.
Quant à la direction cantonale du parti radical, même si elle lui a réitéré sa confiance lundi, elle n’en a pas moins critiqué le fait qu’il ait accepté des cadeaux de la part de son ami grec. Pire, elle estime que le chef du Département de justice et police devra démissionner, si il est mis en accusation.
Et puis, Peter Aliesch aura également de la peine à se justifier vis-à-vis du président de son parti, Gerold Bührer, qui lui a reproché de ne pas être rentré de Toscane, où il était en voyage de noces, alors qu’il alimentait la polémique en Suisse.
Sur ce point, Peter Aliesch s’est déjà exprimé: il estime qu’en interrompant son séjour à l’étranger, il aurait donné l’impression d’avouer sa culpabilité. Tout en affirmant avoir la conscience tranquille, il a en outre déjà avoué avoir accepté des cadeaux et des vacances en Grèce. Reste à savoir si, en échange, il a réellement rendu service à Panagiotis A. Papadakis.
C’est justement ce que veut savoir la justice zurichoise. Auparavant, la commission de justice du Grand Conseil grison devra examiner la levée de son immunité, condition préalable à l’ouverture d’éventuelles poursuites pénales.
swissinfo avec les agences
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