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Aide sociale: «il faut revoir la répartition des coûts»

(Keystone-ATS) Les coûts de l’aide sociale devraient être répartis de manière plus équitable, estime Felix Wolffers, co-président de la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS). Il s’inquiète notamment du fait que les cantons et les communes tentent de décourager des personnes bénéficiaires de l’aide sociale de venir s’installer chez eux, en diminuant les prestations par exemple.

M. Wolffers parle ainsi d’une «concurrence négative». «Les cantons et les communes tentent, par des diminutions de prestations ou d’autres mesures, d’entraver ou de rendre impossible l’arrivée de personnes dans le besoin», estime le nouveau co-président de la CSIAS dans une interview à la «NZZ am Sonntag».

C’est un développement inquiétant, qui montre que l’on a besoin de règles contraignantes dans tout le pays, poursuit-il. Le politique doit corriger cela, nous avons besoin de mécanismes de financement efficaces, afin de mieux répartir les coûts qui garantissent le minimum vital, demande M. Wolffers.

Standards minimaux

Les problèmes apparaissent avant tout dans les communes qui doivent financer elles-mêmes tout ou une grande partie de l’aide sociale, selon le co-président de la CSIAS. «Nous devons nous demander s’il est encore juste que la garantie du minimum vital soit financée à l’échelon de la commune.» Pour lui, il serait envisageable que les cantons doivent participer, de façon identique et avec un montant déterminé, à cette garantie.

M. Wolffers demande aussi des directives unifiées au niveau national: les standards minimaux de la Confédération pour l’aide sociale sont un avantage, selon lui. «Au minimum, les prestations de base pour la nourriture, les vêtements et les soins du corps devraient être définis de façon uniforme pour toute la Suisse.»

Compréhensible, mais catastrophique

La commune de Riniken (AG) a récemment invité les propriétaires de logements à éviter de louer des appartements à des bénéficiaires de l’aide sociale. Elle souhaitait ainsi lancer un appel au secours, se défend-elle: les coûts de l’aide sociale y ont augmenté de 300% en deux ans.

Pour M. Wolffers, ce procédé est «un acte d’exclusion des plus faibles» et «une attaque contre la Constitution». Il montre toutefois que, dans les communes suburbaines, où l’on trouve des logements bon marché, les coûts de l’aide sociale augmentent.

«La réaction de Riniken peut être compréhensible, de leur point de vue. Mais pour la cohésion sociale du pays, c’est catastrophique», a encore affirmé M. Wolffers.

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