Allemagne: les investisseurs minés par la guerre au Moyen-Orient
Le moral des investisseurs allemands a poursuivi son recul en avril. Il a été miné par les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, qui fait craindre "une pénurie d'énergie à long terme", a indiqué mardi l'institut économique ZEW.
(Keystone-ATS) «Après la forte baisse enregistrée en mars, les anticipations ont continué à se détériorer en avril», note l’organisme, dont l’indicateur principal, très observé par le milieu des affaires, s’est enfoncé en territoire négatif, à -17,2 points, après avoir dégringolé de près de 60 points en mars, à -0,5 point. Les analystes de la plateforme Factset avaient tablé sur une baisse moins marquée à -11,3 points.
«Les conséquences économiques de la guerre en Iran pour l’économie allemande vont bien au-delà de la simple hausse des prix», note dans un communiqué le président du ZEW Achim Wambach. Anne-Marie Grossmann, directrice du sidérurgiste Georgsmarienhütte, a ainsi indiqué plus tôt en avril devant le club de la presse économique à Francfort que les hostilités avaient «un effet massif» sur les coûts et averti que les hausses répétées des prix de l’énergie empêchaient l’industrie d'»investir pour l’avenir».
Les craintes d’une pénurie d’énergie prolongée freinent l’investissement et en outre «amoindrissent l’impact des mesures de relance gouvernementales», selon M.Wambach. L’économie est pénalisée par la fermeture du détroit d’Ormuz qui fait que «le pétrole et le gaz restent rares et chers», observe Christoph Swonke, analyste économique de la banque DZ.
L’Iran a repris depuis samedi le contrôle de ce passage maritime stratégique pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures, ce qui met en danger l’économie allemande, que le gouvernement du chancelier conservateur Friedrich Merz tente de relancer par des investissements massifs dans les infrastructures. Selon plusieurs médias allemands, le gouvernement devrait réduire mercredi de moitié sa prévision de croissance du Produit intérieur brut pour 2026 en raison de la guerre au Moyen-Orient, à 0,5% contre 1% selon sa dernière projection à l’automne.
Début avril, plusieurs instituts économiques du pays ont déjà abaissé leurs prévisions, à 0,6% en 2026 et 0,9% en 2027.