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Avant Versailles, le Béjart Ballet Lausanne s’offre au public romand

La capitale vaudoise a été gratifiée de la primeur du spectacle - encore en gestation - que le Béjart Ballet Lausanne donnera en juin prochain, à Versailles: «Esquisses pour un château».

La capitale vaudoise a été gratifiée de la primeur du spectacle – encore en gestation – que le Béjart Ballet Lausanne donnera en juin prochain, à Versailles: «Esquisses pour un château».

«Le roi est mort, vive le roi!», c’est sur cette exclamation que débute la nouvelle création. Un peu, beaucoup théâtrale? Un peu, beaucoup grandiloquente? Mais nous sommes à la cour des rois de France. Et les danseuses nous emmènent visiter les jardins de Versailles.

A plusieurs reprises, Maurice Béjart montera sur scène dévoiler les différents tableaux de son projet en gestation. La technique sonore capotera. Sans décors, ni costumes, il faut imaginer. Les trois enfants – Louis – devenus rois. Avec, comme pointe d’humour, un break-dancer sur un menuet!

«La musique et la danse pourraient plaider pour la concorde entre les hommes», lance le conteur, après une trame pianistique de Wolfgang Amadeus Mozart. Mais la magie ne se produit pas vraiment. Le spectacle est par trop décousu. Peut-être en sera-t-il autrement dans son véritable écrin parisien?

Reste le talent incontestable du Maître pour la mise en scène! Une maestria que l’on remarquait déjà dans «Mallarmé III», œuvre indépendante et non figurative, qui paraissait déjà cousue de royauté. Avec, haut perché sur sa chaise, le danseur au torse nu, caché derrière son éventail.

Mais plus encore, c’est «Le Manteau» de Nikolaï Gogol qui nous avait séduit, enchanté. Un écritoire, sept plumes d’oies et, soudain, un long manteau vole au secours du petit employé frigorifié. Là, nous sommes en Russie, dans une lumière tamisée du siècle dernier.

Le scribouillard fait réparer son vieux manteau troué. Grâce au tailleur Petrovitch, il en obtient un neuf. Qui lui vaut le succès mondain. Mais sa belle pelisse lui sera volée.

Akaky Akakievitch meurt de froid devant l’indifférence des notables qui l’avaient jadis acclamé. Dès lors, son fantôme viendra dépouiller les passants de leur pardessus.

Gil Roman, qui incarne le personnage central de l’œuvre de Béjart, virevolte avec sa plume, s’élance dans l’espace scénique, puis se brise à même le sol, avant d’esquisser un pas de deux avec son tailleur (Damaas Thijs). La mélancolie russe opère. Le romantisme de la musique «Hugues Le Bars» soutient le mouvement.

Ce deuxième tableau de Béjart relève de la plus belle envolée chorégraphique. Gageons qu’à Versailles, avec «L’enfant-roi», le troisième et nouveau volet de son œuvre, le créateur saura nous transporter tout aussi haut.

Emmanuel Manzi

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