Bebel, Lemaître et le théâtre
Du 4 au 8 avril, Jean-Paul Belmondo présente «Frédérick ou le Boulevard du crime» au Grand Casino de Genève. Du théâtre dans le théâtre, taillé sur mesure.
Du 4 au 8 avril, Jean-Paul Belmondo présente «Frédérick ou le Boulevard du crime» au Grand Casino de Genève. Du théâtre dans le théâtre, taillé sur mesure.
«Quand te décideras-tu à faire ton vrai métier?» aurait dit un jour papa Belmondo à son fils Jean-Paul, alors star incontestée du cinéma français. Si l’anecdote est vraie, cela signifierait que pour le sculpteur Belmondo, malgré les succès populaires de son rejeton, malgré son travail avec des réalisateurs prestigieux (Godard, Carné, Truffaut, Resnais, Melville, Sautet etc.), ce grand escogriffe de fils n’était pas sur la bonne voie.
Il faut rappeler que Jean-Paul Belmondo a débuté par le théâtre. Dix ans de scène, jusqu’à ce que soudain le succès remporté par «A bout de souffle» de Godard ne l’éloigne des planches. Définitivement? Pendant longtemps, on aurait pu le croire.
Alors que plus personne ne l’attendait au coin d’un rideau rouge, Belmondo renoue avec son «vrai métier» en 1987 dans «Kean». Ou quand un comédien hors normes retrouve la scène en tenant le rôle d’un comédien hors normes. Le principe est d’ailleurs le même avec «Frédérick ou le Boulevard du crime», une pièce écrite sur mesure par Eric-Emmanuel Schmitt. Belmondo y interprète l’acteur Frédérick Lemaître, que l’on a déjà vu sous les traits de Pierre Brasseur dans le chef-d’oeuvre de Marcel Carné, «Les enfants du Paradis».
Pour l’acteur de théâtre Jean-Paul Belmondo, entre «Kean» et «Frédérick», il y a eu «Cyrano de Bergerac» (90), «Tailleur pour dames» (93), «La puce à l’oreille» (96). Et surtout, entre-temps, il est devenu directeur de théâtre. Comme Jean-Claude Brialy, et tout récemment Michel Sardou. Le rêve de tout homme de spectacle? En l’occurence, la «maison» de Belmondo, c’est le Théâtre des Variétés.
Evidemment, le théâtre à la Belmondo n’est pas un théâtre d’art et d’essai. On y parle fort, on y cabotine pas mal, on ne lésine pas sur les effets, et tout cela dans des décors et des costumes en général somptueux. Du théâtre que méprise une certaine critique, mais du théâtre qui vit. Frédérick Lemaître applaudirait sans doute. Et, on l’espère, le sculpteur Paul Belmondo également.
Bernard Léchot
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.