«Birdseye» et le label CH
Mercredi soir, c'est «Birdseye» qui avait les honneurs de la Piazza Grande. A Locarno cette année, le cinéma helvétique est largement représenté.
L’existence du cinéma suisse est un long combat. Et sa représentation dans le cadre des festivals également. Les professionnels helvétiques se sont notamment souvent plaints d’être sous-représentés à Locarno.
Ils ne pourront tenir ce propos cette année, car c’est un large panel de la production (et de la coproduction) helvétique que les spectateurs peuvent y découvrir.
«Birdseye»
Sur la Piazza Grande a déjà été présenté «Novo», du réalisateur Français Jean-Pierre Limosin, coproduction franco-hispanico-suisse.
Mercredi soir, le public a fait connaissance avec «Birdseye», signé par le Bernois Michael Huber et l’Américain Stephen Beckner et produit à Zurich par «Dschoint Ventschr» (la maison de production du très branché Samir).
Dans la pure tradition du «bandit bien-aimé», imaginez un outlaw tenant à la fois des Dalton, de Jesse James et de Clyde – car Bonnie n’est pas loin.
Originalité de la chose: ce personnage est Suisse. Il s’appelle Urs Vogelaug… «Birdseye», comme il a été surnommé au pays du western.
«Birdseye» a été enlevé par un couple de malfrats, mais a réussi à s’évaporer dans la nature. L’enquête est alors menée par une sorte de cow-boy Marlboro, le shérif Sharpless.
Le tout est filmé façon documentaire américain, jouant à la fois d’images de caméras de surveillance, de paysages typiques et de talk-shows faisandés.
La satire est permanente: Huber et Beckner y passent à la moulinette les films de genre, les tics américains, la lourdeur alémanique. On sourit. Puis on oublie de sourire.
Pris à son propre piège, le film tourne en rond. Et ce n’est pas l’humour décalé et donc ‘trendy’ qui évite à la machine de s’essouffler sévèrement.
Hors Piazza
Deux films suisses ont été retenus pour la catégorie reine, la compétition internationale. Il s’agit de «Oltre il confine» de Rolando Colla et de «Aime ton père» de Jacob Berger, sur lesquels nous auront l’occasion de revenir.
Compétition toujours, mais vidéo cette fois-ci: «On dirait le Sud» du jeune réalisateur genevois Vincent Pluss, devrait paraît-il retenir l’attention.
Dans la section «Cinéastes du présent», consacrée aux approches plutôt hors normes, section sans critère de support ni de longueur, sont présentés le documentaire «Jour de marché» de Jacqueline Veuve et «Happy too» de Thomas Imbach.
La «Semaine de la critique», vouée au film documentaire, intègre les nouvelles œuvres de trois lauréats du Prix du cinéma suisse : «Behind me» de Norbert Wiedmer (un film sur et avec Bruno Ganz, cette année membre du jury international), «Forget Baghdad» de Samir et «Guerre sans images» de Mohamed Soudani, cinéaste algérien vivant au Tessin.
Enfin, comme chaque année, les «Léopards de demain», section consacrée au court métrage, ont deux versants. D’un côté, une région invitée (en l’occurrence, la région est vaste, puisqu’il s’agit de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande). De l’autre, la crème de la jeune production helvétique, avec seize courts métrages sélectionnés.
«Appellation suisse»
Créée sous l’ère Marco Müller, cette section est une sorte de séance de rattrapage. Un ‘best of’ de la production cinématographique suisse à travers dix films (fictions et documentaires) produits au cours des douze derniers mois
Ainsi, cette année, on peut par exemple voir ou revoir «La brûlure du vent» de Silvio Soldini, la comédie alémanique «Ernstfall in Havanna» de Sabine Boss, gros succès outre-Sarine, «Escape to paradise» de Nino Jacusso, ou «Utopia Blues» de Stefan Haupt.
Sans oublier le documentaire «War Photographer», de Christian Frei, qui vient par ailleurs de gagner (ce mercredi) le Prix du public au festival du film documentaire «Encounters» en Afrique du Sud.
swissinfo/Bernard Léchot à Locarno
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