Bossa-nova sur les rives du Léman
40 ans de bossa-nova, ça se fête! Les maîtres brésiliens du genre musical font tanguer le Montreux Jazz Festival dans un dimanche chaleureusement langoureux.
Après la samba endiablée de samedi, la salle de l’Auditorium Stravinski retrouve dimanche son parterre de chaises. La scène, elle, est encore vide. Seuls deux micros et un tabouret attendent l’artiste.
Les projecteurs éclairent fixement le plateau d’un bleu turquoise. C’est dans cette lumière qu’apparaît João Bosco, guitariste chanteur brésilien de bossa-nova, âgé de 56 ans.
Profondément intimiste
L’homme joue et chante une heure de tendresse musicale, seul sur scène avec sa guitare acoustique.
Dès les premiers accords, on comprend que sa musique est profonde et mélodieuse. On est parti pour un concert intimiste à souhait.
João Bosco a la voix douce et chaude. Il chante l’amour pour sa femme, la liberté pour ses frères et la fierté de son pays, le Brésil.
Tantôt sa voix se fait caressante comme le soleil qui vous dore la peau au bord de l’eau. Tantôt elle éclate de puissance comme pour mieux revendiquer dans le vent le droit de croire en la vie.
Sa voix va même jusqu’à suivre son jeu de guitare rapide et syncopé par des vocalises rythmiques qui relancent efficacement plusieurs de ses titres.
«Dieu qu’il joue bien, João Bosco!» Et sur toute la longueur du manche de sa guitare, donnant ainsi un accompagnement plus riche et diversifié pour chacune de ses compositions, lentes ou rapides.
En plus de ses chansons, João Bosco rend hommage à une autre figure incontournable de la bossa-nova: l’immense et regretté compositeur Antonio Carlos «Tom» Jobim. Peut-être le plus grand qu’ait connu le Brésil. C’est d’ailleurs ce que font après lui tous les autres artistes de la soirée.
Légende vivante
A son tour, et à 80 ans s’il vous plaît, Dona Ivone Lara monte sur scène comme un soleil dans sa robe dorée. Elle esquisse quelques pas de danse et s’excuse de ne plus assurer aussi bien que par le passé.
Pour autant, elle n’a pas perdu son humour. Elle fait semblant de nettoyer le bas de sa robe qui aurait balayé au passage quelques poussières sur le plancher.
Légende vivante de la musique brésilienne, Dona Ivone Lara est entourée de six musicos habillés d’une chemise verte et d’un pantalon blanc. Ensemble, ils font défiler des chansons narratives, plus samba que bossa.
Acoustiques sont les instruments de la bossa-nova. La guitare y tient le rôle prépondérant. En compagnie des percussions.
40 ans de saudade
Puis, pour célébrer le quarantième anniversaire de la bossa-nova, Wanda Sa, Patricia Alvi et autre Marcos Valle reprennent les classiques de Tom Jobim, João Gilberto, Vinicius de Moraes ou encore Ronaldo Bôscoli, tous géniteurs de ce style musical brésilien.
C’est que la bossa-nova a changé le visage du Brésil dans les années 1960. Ce genre de musique est assurément devenu un des meilleurs ambassadeurs du pays, avec la samba et le football.
Et pour dire jusqu’à quel point la bossa-nova a marqué le monde entier, Claude Nobs et son équipe réunissent un plateau de rêve pour prolonger la nuit.
Des stars du jazz comme le pianiste Herbie Hancock et le saxophoniste David Sanborn, pour ne citer qu’eux, rejoignent la scène brésilienne du Stravinski pour dire combien chacun est redevable à l’un des pères de la bossa-nova, Antonio Carlos «Tom» Jobin.
swissinfo/Emmanuel Manzi à Montreux
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