Ces p’tits bonheurs…
Sur l'arteplage biennois d'Expo.02, «Happy End» nous apprend à développer un sixième sens... Celui du bonheur. Amélie Poulain serait-elle passée par-là?
Premiers pas sur l’arteplage de Bienne. Des bâtiments gris, des chaises métalliques sur les terrasses, entourées d’arbres dans des sacs… gris. Au loin, un gros cube rouge. Le pavillon de «Happy End». Sous-titre de l’exposition: «sur la piste du bonheur».
Oui, parce que c’est une quête. Le bonheur ne vient pas tout seul. Il faut apprendre à le chercher, partout où il peut se cacher, par des petits plaisirs quotidiens ou dans ses souvenirs les plus beaux. Pour nous aider à développer ce sixième sens, l’exposition fait appel à nos cinq sens.
Un rire d’enfant, le vent dans les arbres,…
Il fait nuit. Une obscurité agréable, parce qu’elle est peuplée de sons qui procurent une douce joie. Des rires d’enfants, une cour de récréation. Les cloches d’une église, un mariage. Le vent qui fait chanter les feuilles des arbres, des mouettes au bord de l’eau.
Un couloir. Et on entre dans la deuxième salle, baignée d’une lumière bleue. Au plafond, des patins à glace, un tambour, des paquets de Sugus, un nounours, une boîte d’ovomaltine, une vieille radio,…
Des jouets prêtés par des Suisses de trois générations. Cette caméra super-huit, par exemple, qui appartient à Anita, née en 1966. Une phrase résume son souvenir lié à cet objet: «Mon père n’était jamais sur l’écran».
Le jet de l’assiette!
Sur la passerelle qui mène à une troisième salle, un grand fracas… Ici, c’est le jet de l’assiette. Le visiteur est invité à inscrire un mot sur la porcelaine, un mot qui représente un souci, une chose dont il voudrait se débarrasser.
Il accède ensuite à une rampe de lancement. Où il envoie son assiette se briser contre les murs. L’exposition invite à «céder à la spontanéité». Rien de tel pour évacuer la colère ou les frustrations. Tout le monde le sait… casser de la vaisselle, ça fait un bien fou!
Rodéo vers le succès
Une fois débarrassé de ses frustrations, le visiteur peut se faire un chemin vers le succès. Quatre mots pour indiquer la voie: courage, chance, passion, objectifs. Et quatre colonnes remplies de coupes, de trophées.
En face, une vache en or… Ou plutôt un veau doré, symbole de la réussite. Mais c’est aussi une machine à rodéo, comme on peut en trouver dans les fêtes foraines. Pour s’approcher du succès, le visiteur doit sortir de l’anonymat et aller chevaucher le veau doré devant tout le monde.
Carpe diem
Le bonheur, c’est aussi saisir l’instant présent. La salle suivante offre l’occasion de le faire. Une salle recouverte de peinture phosphorescente. La voix de l’horloge parlante invite les visiteurs à prendre la pose. Un flash, et l’ombre se fige sur le mur.
Chacun peut laisser son empreinte pour quelques secondes sur la paroi. Certains marchent sur les mains, d’autres font des sauts. Un petit moment de folie.
Mais la quête du bonheur passe aussi par des heures tristes. Pour les surmonter, l’exposition a disposé des bornes de secours, comme on en trouve sur les autoroutes. Chacune porte un nom: nostalgie, solitude, embonpoint, etc. Pour soulager le visiteur, la borne diffuse une chanson. Toutes sont chantées par des Suisses rencontrés dans la rue.
Happy End
Après ce long parcours, ludique et sensoriel, le visiteur est prêt pour un Happy End. Deux versions à choix. Une version douce: les escaliers. Des lucarnes ont été découpées dans le mur pour entrevoir le monde extérieur. Grâce à un jeu de lumière, le visiteur voit la vie en rose.
Ou, autre possibilité. Le toboggan, long de 20 mètres, qui recrache le visiteur dans la vraie vie. Avec dans tout son corps des empreintes du bonheur.
C’est certain. Amélie Poulain est passée par-là. Reste plus qu’à s’offrir une bonne crème brûlée et casser la croûte caramélisée avec le dos de la cuillère…
swissinfo/Alexandra Richard
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