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«Concurrence impitoyable»

En cas de gros nuages, ce sont désormais 5000 spectateurs qui pourront aller voir le film au sec! Keystone

Principal défi pour Marco Solari, président du Festival de Locarno: maintenir le niveau de la programmation à long terme, avec le budget à disposition. Interview.

swissinfo: Avec la nouvelle ‘Città del Cinema’, la pluie vous fait-elle moins peur cette année?

Marco Solari: Nous ne pourrons pas éviter quelques soirées pluvieuses, même pour cette édition. Mais, c’est vrai, nous sommes mieux organisés que l’année dernière. L’infrastructure était l’un des plus gros problèmes à résoudre. Nous avons fait un pas en avant.

Avec trois millions de francs, vous avez réalisé une structure alternative à la Piazza…

M.S: Nous avons créé une petite ‘Città del Cinema’. Autour du Palazzetto Fevi (la salle de projection la plus grande du festival, ndlr), nous avons adapté les structures de l’école secondaire. Un espace de rencontres est également disponible. Et, en cas de pluie, nous pouvons abriter environ 5’000 personnes.

Finalement, c’est une solution raisonnable, si on pense aux différents projets discutés dans le passé…

M.S: Nous avons tous rêvé d’une sorte de palais du film. Mais c’est une utopie. Impossible de construire une structure à 20 millions à Locarno, pour un festival qui dure dix jours et où il pleut au maximum quatre fois.

Nous ne pouvons même pas couvrir la zone piétonne de Piazza Castello, ce serait une folie. Et donner un toit à la Piazza Grande… c’est tout simplement inimaginable!

Pourquoi?

M.S: C’est un lieu sensible, avec sa magie qui doit être respectée. La Piazza permet une émotion collective: tous réunis, au même instant, sous un ciel étoilé. C’est ce qui fait tout le charme de la Piazza Grande. Si on la couvrait, un squelette métallique serait là en permanence, même la journée. Cela détruirait cette atmosphère si particulière.

Vous avez donc opté pour la ‘Città del Cinema’. Comment avez-vous trouvé les moyens financiers?

M.S: Nous avons exploité au maximum les crédits publics disponibles. L’année dernière, nous avons pu mettre un peu d’argent de côté. D’autre part, nous avons obtenu un crédit de la Confédération réservé aux régions de montagne.

Ces dernières années, le festival n’a cessé de s’agrandir. En admettant que la tendance se poursuive, les solutions actuelles seront-elles encore suffisantes?

M.S: Le festival doit-il encore s’agrandir ou pas? C’est la première question. Une question de fond que nous nous posons constamment. Mais ce n’est pas facile d’y répondre.

Il y a actuellement trois grands festivals de cinéma au monde – Venise, Cannes et Berlin. Pour nous, c’est la référence, même s’il n’y a aucune chance de les rejoindre. Nous tentons de faire au mieux, que ce soit dans l’offre ou dans les questions d’organisation.

Ensuite, il y a toute une série de petits festivals où la concurrence est impitoyable. C’est là que nous devons nous impliquer, pour nous distinguer. Pour cela, nous devons encore nous agrandir. Sinon nous allons rater le train, avant même de nous en être rendu compte.

Nous devons avoir de bonnes infrastructures pour les projections et garantir à la direction artistique une sécurité financière. Pour l’instant, nous parvenons à maintenir de bonnes conditions cadre. Par contre, nous n’avons aucun contrôle sur l’infrastructure générale, comme les hôtels, par exemple.

Des problèmes particuliers de ce côté-là?

M.S: A Locarno, il n’y a pas un seul cinq étoiles pour les invités importants. Nous devons les envoyer à Ascona, qui par chance n’est pas trop loin. Mais les hôtels sont vite complets. Et nous devons ensuite diriger nos hôtes vers Lugano. Dans le futur, cette carence pourrait poser problème.

Jusqu’où le festival peut-il s’agrandir et jusqu’à quand y aura-t-il les fonds nécessaires pour l’assumer?

M.S: A l’heure actuelle, les éditions de 2003 et 2004 sont garanties. Pour la suite, tout reste à définir…

Le budget augmente constamment. De sept millions environ, nous sommes déjà arrivés à neuf millions. Pour pouvoir continuer, il faudrait avoir ce montant-là assuré jusqu’en 2005, mais ce ne sera pas facile. Si nous n’y parvenons pas, il faudra oublier l’idée de s’agrandir. Et se contenter d’un petit rôle.

Traditionnellement le financement vient de trois sources principales: les fonds publics, les sponsors et les billets d’entrée. Comment se présente la situation cette année?

M.S: Nous disposons d’environ quatre millions de subventions publiques. Quelque trois millions et demi viennent des sponsors. Et les entrées devraient nous rapporter environ un million et demi. Je crois que cette année nous avons le bilan sous contrôle.

Il s’agit de ne pas dépasser les devis. L’année dernière, nous y sommes parvenus. Mais c’est difficile de maintenir l’équilibre.

Pour la programmation, c’est la directrice artistique Irene Bignardi qui est responsable. Mais quelle est votre ambition?

M.S: Pour moi, les paramètres sont les mêmes que ceux d’un éditeur avec ses rédacteurs en chef. J’attends de la direction artistique qu’elle fasse tout ce qui est possible avec les moyens à disposition…

swissinfo/Propos recueillis par Kathrin Boss Brawand

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