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«dimanche.ch» en sursis

Le journal a été lancé le 28 novembre 1999. Keystone Archive

Avec le licenciement d'un quart de son effectif, le dernier-né de la presse dominicale romande paraît proche du naufrage. Mais il est trop tôt pour parler d'échec.

La mesure décidée mardi par la direction du journal «dimanche.ch» étonne. Tant par le moment choisi pour l’annoncer, que par son ampleur.

6,3 postes de travail, dont 3,7 de journalistes, passent à la trappe. Au total, huit personnes sur les 35 employés ont reçu leur congé. Deux pigistes fixes ont également été écartés.

Vendredi dernier, le groupe Ringier – éditeur du titre – s’était pourtant voulu rassurant quant à la poursuite de la parution de l’hebdomadaire dominical romand.

Et ce, malgré le net tassement des recettes publicitaires, dû à la morosité du contexte économique actuel. Interrogé par l’agence télégraphique suisse, Gérard Geiger, directeur général de Ringier Romandie, a affirmé que la stabilité du tirage à 45 000 exemplaires tendait à prouver que le titre avait sa place parmi les journaux du dimanche.

Un gage de continuité!

«Ces licenciements sont un gage de continuité», expliquait mercredi matin Daniel Pillard, le rédacteur en chef du journal, sur les ondes de la Radio Romande.

Avant de reconnaître «qu’il sera difficile de façonner le journal avec l’équipe ainsi réduite et que des forces vives différentes seront appelées à venir étoffer le contingent dans d’autres domaines».

Changer pour ne pas mourir. Trouver enfin la formule choc qui fasse comprendre aux lecteurs la nécessité d’une autre publication dominicale.

Un journal concurrent et complémentaire à la fois au «Matin dimanche». Solidement accroché, lui, à ses 200 000 exemplaires. Et bien rôdé, livré en paquet, avec notamment un programme TV et l’hebdomadaire Femina.

Trop tôt pour parler d’échec

«Dès son entrée sur le marché, «dimanche.ch» a présenté une certaine fragilité», explique Georges Plomb, journaliste et chargé de cour à l’Université de Neuchâtel.

«En particulier le personnel, poursuit-il. Il y a relativement peu de journalistes et donc de substance pour faire contre-poids au «Matin dimanche» du groupe Edipresse. Ses difficultés actuelles ne sont pas tout à fait une surprise.»

Or, au lieu de renforcer son secteur journalistique et de proposer par conséquent une offre rédactionnelle plus pointue en mettant plus de force humaine, «dimanche.ch» choisit à l’heure actuelle de faire exactement le contraire.

Georges Plomb refuse pourtant pour l’instant de parler d’échec. «Il faut attendre encore un peu, explique-t-il. La conjoncture économique peut rebondir et avec elle les annonces publicitaires. Et du même coup «dimanche.ch».»

Ringier, une philosophie

Lancé le 28 novembre 1999, «dimanche.ch» est en sursis. Reste que, pour Georges Plomb, même si l’hebdomadaire devait mettre un jour la clef sous le paillasson, il ne serait pas possible d’en tenir rigueur au Groupe Ringier.

Celui-ci demeure en effet l’un des derniers à oser lancer des titres sur le marché sans trop d’assurance quant à leur réussite. Les disparitions de «Die Woche» et du «Blick für die Frau» en sont des exemples probants.

Malgré ces échecs, la philosophie de Ringier ne s’est pas modifiée. Et l’histoire de «dimanche.ch», brève ou non, n’y changera rien.

swissinfo/Mathias Froidevaux

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