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«Expressiv!»

Wassily Kandinsky, «Improvisation 2 (Funeral March)», 1909 (Image Fondation Beyeler, Riehen) swissinfo.ch

Grande exposition sur l'expressionnisme à la Fondation Beyeler à Riehen. Riche de deux cents œuvres, «Expressiv!» couvre tout le XXe siècle.

Et réunit des artistes qui ont réagi aux événements historiques en lançant des «cris» atemporels.

La Fondation Beyeler à Riehen, près de Bâle, comble une lacune voulue de ses collections, en présentant, essentiellement à partir de prêts de musées et collections privées du monde entier, l’expressionnisme.

Intitulée «Expressiv!», de manière à élargir le sujet au-delà du moment historique que représente l’expressionnisme allemand, qui a «vécu» de 1905 jusqu’à la Première Guerre mondiale, la manifestation part des pères que furent Van Gogh et Gauguin, et même El Greco, et conduit jusqu’aux néo-expressionnistes des années quatre-vingt.

Le cri de Munch

Divisée en douze sections, cette vaste présentation, riche de deux cents œuvres, principalement des peintures, mais également quelques sculptures, des gravures et des dessins, met en évidence le primat de la couleur, lancée comme un cri, comme ce cri restitué par Edvard Munch par les moyens de la peinture et devenu l’emblème du mouvement expressionniste.

Munch est pourtant l’un des peintres qui ont gravité «autour» de l’expressionnisme, puisqu’on réserve ce terme aux artistes de la Brücke fondée en 1905 à Dresde (Kirchner, Heckel, Nolde) et aux membres du Blaue Reiter à Munich (Marc, Kandinsky).

Les Fauves français restent eux aussi associés à cette tendance, eux qu’on a justement baptisés «expressionnistes» lors de la XXIIe exposition de la Sécession berlinoise en 1911: Matisse, Derain et Vlaminck ont transgressé le réalisme des couleurs.

Sans toutefois insister autant que leurs confrères allemands et autrichiens sur le pouvoir d’expression, obtenu au moyen des déformations imprimées aux visages et aux corps. Kirchner, Nolde, Hermann Scherer ont dessiné des femmes et des hommes aux membres allongés et anguleux, aux visages grossis, à l’expression intense et mystérieuse.

Au sens large

Comme «l’expressif», en tant que tentation majeure de la peinture, couvre le XXe siècle, sont représentées ici des mouvances aussi diverses que le surréalisme, avec Max Ernst, l’art informel, avec Dubuffet, le groupe Cobra et des artistes rattachés à l’expressionnisme abstrait (Pollock, De Kooning), encore que ne soient montrées de ceux-ci que des toiles encore figuratives.

Bacon et ses scènes déformées et oppressantes, Picasso dans sa version tragique, puis Baselitz, Anselm Kiefer ou Louise Bourgeois complètent ce panorama impressionnant, à découvrir du 30 mars au 10 août.

swissinfo, Laurence Chauvy

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