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Festival Médias Nord-Sud: «Avoir 20 ans en l’an 2000»

Par tradition, le Festival Médias Nord-Sud de Genève donne chaque année un fil rouge à ses débats. Le thème choisi cette fois-ci est «Avoir 20 ans en l’an 2000». Une manière de rappeler que la solidarité n’attend évidemment pas le nombre des années.

Par tradition, le Festival Médias Nord-Sud de Genève donne chaque année un fil rouge à ses débats. Le thème choisi cette fois-ci est «Avoir 20 ans en l’an 2000». Une manière de rappeler que la solidarité n’attend évidemment pas le nombre des années.

Les organisateurs du Festival ont en effet décidé de convier les jeunes à s’exprimer sur leur avenir, leurs attentes et leurs utopies. Qu’ils soient du Sud ou du Nord, ils sont en quelque sorte les invités d’honneur de cette seizième édition. Au hasard des rencontres, portrait rapide de quelques jeunes femmes manifestement animées d’une immense énergie.

Une Guinéenne tout d’abord, Kadiatou Bah. Le Festival l’a invitée avec un autre étudiant de son pays pour rappeler le drame mortel vécu l’an dernier par d’autres jeunes Guinéens, passagers clandestins d’un train d’atterrissage d’un avion qui les emmenait, croyaient-ils, vers le paradis terrestre. Tant il est vrai que les jeunes Africains sont tentés de s’imaginer que la seule solution du développement se trouve en Europe ou en Amérique.

Kadiatou pense le contraire. «Il faut foncer avec un grand courage pour que ça aille, car ce ne sont pas les autres qui résoudront les problèmes à notre place. Chez nous, on ne se pose pas la question de savoir si c’est bien ou pas bien de s’engager, on s’engage et on se sacrifie, quitte à prendre de gros risques». Ce qu’elle a découvert pendant ce Festival? D’abord la possibilité de s’exprimer et de connaître le point de vue d’autres jeunes de son âge. Dans son pays, c’est chose très rare: «On ne donne pas la parole aux jeunes, alors qu’ici ils donnent leur avis sans aucune crainte. Et c’est avec cela que je repartirai».

Asel Omoeva, elle, vient du Kirghizistan, cette République issue de l’ex-URSS située aux portes mêmes de la Chine. Elle vit en Suisse depuis quelques mois, le temps de mener à terme des études sur le développement. Elle explique le mal qui ronge son pays natal: avec la crise économique, les usines ne fonctionnent plus, les gens sont au chômage, et quand ils trouvent un travail, ils doivent attendre leur salaire pendant des mois.

Le drame serait que les jeunes s’en aillent. Mais si le pays se vide, qui donc va le faire avancer? Asel veut se battre. «Si je suis ici, dit-elle, c’est d’abord pour voir comment les gens s’engagent et pour apprendre à faire de même quand je rentrerai chez moi». Elle ne sait pas encore très bien ce qu’elle pourra faire. Mais elle s’imagine un chemin dans la diplomatie. Puisque personne ne sait où se trouve le Kirghizistan, elle veut le faire connaître et participer au développement de ses relations internationales.

Sylvie Gränicher, enfin, a passé son enfance à Bienne, ville du nord-ouest de la Suisse. Après des études de lettres, un long voyage lui a fait découvrir la Birmanie. C’est le coup de coeur, mais aussi la volonté de venir en aide aux dizaines de milliers de réfugiés birmans installés de l’autre côté de la frontière, sur sol thaïlandais. Pour ce faire, elle crée une association dont l’un des objectifs est de développer les connaissances et la créativité des jeunes réfugiés. Une façon de leur ouvrir une fenêtre sur le monde.

Et pourquoi Sylvie fait-elle cela? Sa réponse est aussi simple que spontanée: il faut lutter contre le sentiment d’impuissance face aux énormes problèmes qui envahissent le monde. «Il faut entreprendre quelque chose, mener des actions, si petites soient-elles, elles ont toutes de l’importance; à chacun de mettre sa petite brique dans ce grand mur». Pour elle comme pour Kadiatou ou Asel, le seul remède à l’indignation, c’est de donner sens à sa vie.

Bernard Weissbrodt

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