Fribourg, Le Caire, Ouarzazate & Hollywood
A l'occasion de sa 14e édition, le Festival international de films de Fribourg présente une rétrospective intitulée «Films phares des cinémas arabes». Soit 25 films et autant de réalisateurs, parmi lesquels figure le marocain Ahmed El Maanouni.
A l’occasion de sa 14e édition, le Festival international de films de Fribourg présente une rétrospective intitulée «Films phares des cinémas arabes». Soit 25 films et autant de réalisateurs, parmi lesquels figure le marocain Ahmed El Maanouni.
Il y a d’un côté l’Egypte, riche d’une cinématographie qui remonte aux années 30, et dont les films, souvent très commerciaux, sont diffusés dans tous les pays arabophones. Et puis il y a les autres, les pays du Maghreb notamment, qui souffrent d’une absence cruelle de structures et de moyens de production, et dont la langue ne permet pas d’accéder facilement à des marchés arabes extérieurs.
«Nous sommes condamnés à la coproduction extérieure», explique Ahmed El Maanouni, dont on a pu voir à Fribourg le film «Alyam Alyam» (photo). «Ce n’est pas un problème en soi: je suis pour la coproduction, mais en sachant rester le plus soi-même. C’est en étant le plus moi-même que je peux avoir des velléités d’être universel, de toucher les autres. Il ne faut surtout pas faire des films espéranto, pour répondre aux exigences de tel ou tel diffuseur».
Alors, comme partout mais un peu plus qu’ailleurs, la quête financière que nécessite chaque projet est longue et difficile… Pourtant, de son côté, le public marocain répond présent: «Pour le moment, c’est extraordinaire, pratiquement chaque film marocain remporte un succès phénoménal dans le pays. Peut-être parce qu’il n’y en a pas beaucoup, trois, quatre par an», précise le cinéaste.
Paradoxalement, grâce aux «Studios du désert» de Ouarzazate qui ont notamment servi de décor à James Bond, le Maroc est un haut-lieu de tournage pour de grosses productions étrangères. Ahmed El Maanouni a décidé de s’emparer de ce thème: «Je termine un scénario qui évoque un réalisateur marocain travaillant sur une grosse production américaine. Il est confronté à l’image que nous avons de nous-mêmes face aux clichés que les autres véhiculent. Même dans un film qui traite d’une réalité marocaine, comme le récent «Marrakech Express», les clichés sont toujours énormes. Si on faisait la même chose en Europe, tout le monde se roulerait par terre!»
Bernard Léchot
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