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Heidi’s babies

Une image tirée de «Happiness Is A Warm Gun». Thomas Imbach

Ouverture ce jeudi du 54e Festival international du film de Locarno. Avec notamment à l'affiche une vaste représentation du cinéma suisse.

La présence d’une nouvelle directrice, venue de l’autre côté des Alpes, allait-elle rendre l’accès du festival plus difficile aux cinéastes d’ici? C’était la crainte de pas mal de professionnels d’ici.

«Je ne crois pas qu’un festival international doive être nationaliste. Le cinéma est une grande république internationale et il faut toujours choisir les meilleures choses partout», déclare Irene Bignardi à Cine Bulletin, la revue des profesionnels du cinéma helvétique.

Et pourtant, cette année, la représentation suisse est importante. Production d’une qualité exceptionnelle, ou effort de la nouvelle directrice pour ne pas se mettre à dos l’ensemble de la profession, l’avenir le dira.

Dans toutes les sections

En tout cas – et ce n’est pas courant – la Suisse dispose cette année de deux chances d’accéder au Léopard d’or: avec «Happiness Is A Warm Gun», du Lucernois Thomas Imbach, 39 ans, et «Scheherazade», du Grison Riccardo Signorell, 31 ans.

Inspiré de faits réels, «Happiness Is A Warm Gun», raconte de façon inhabituelle une histoire d’amour tragique: une militante du parti écologique est tuée dans son sommeil par son compagnon, un ex-général allemand. Le réalisateur veut savoir ce qui s’est passé entre le moment où la balle pénètre le crâne et celui où elle brûle le cerveau… Quant à «Scheherazade», l’intrigue se déroule à bord d’un yacht, sur le lac de Zurich, et tourne autour de la notion de secret de famille.

Sur la Piazza Grande, la Suisse sera présente par le biais de deux coproductions germano-suisses: «Mostly Martha» de Sandra Nettelbeck (6) et «Die Reise nach Kafiristan» de Fosco et Donatello Dubini (9).

Les sections «Cinéastes du présent», «Semaine de la critique» et bien évidemment «Les Léopards de demain» proposent aussi des œuvres helvétiques.

Et puis, sous le label «Appellations suisses» Locarno est aussi pour le public l’occasion de revoir ou de découvrir quelques temps forts de la production helvétique récente: neuf films y sont présentés, dont le «Heidi» de Markus Imboden, et le «Gripsholm», superbe mélodrame signé Xavier Koller.

Et hors festival

L’année dernière, une bande de jeunes cinéastes prônant l’action plutôt que l’attentisme, créait le groupe «Dögmeli», clin d’œil à la démarche de Lars Von Trier, «Dogma».

Douze mois plus tard, et en marge du festival, ces «cancres du cinéma suisse» comme les définit leur porte-parole Vincent Pluss, présenteront sur des moniteurs une trentaine de longs métrages tournés ce printemps, surtout par de jeunes Suisses romands.

But de la chose: convaincre les deux principaux financiers du cinéma suisse, l’Office fédéral de la culture et SSR idée suisse, de miser davantage sur la relève.

Bernard Léchot

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