L’Europe n’est plus un thème politique
Les préoccupations des Suisses ont changé depuis les élections de 1999. L'intégration européenne n'est plus d'actualité. Ce thème est remplacé par le problème des primes maladie.
De vieux classiques restent par contre actuels. Parmi eux, l’asile.
Le thème de l’intégration ou du rapprochement avec l’Europe était une question centrale dans les années 90. Mais, selon le sondage de l’Institut GfS, cela ne constitue plus un souci que pour 5% des personnes interrogées.
«Depuis que nous avons les accords bilatéraux, les gens ne sont plus intéressés par cette question», explique Claude Longchamp, patron de l’Institut GfS.
En revanche, toute la problématique de la politique de santé, et en premier lieu l’augmentation des primes de l’assurance maladie, inquiète de plus en plus les Suisses. Cette question constitue un souci pour près du quart des personnes interrogées (24%).
De vieux classiques
Mais les trois soucis principaux des citoyens restent les mêmes par rapport aux précédentes élections. On pourrait même parler de vieux classiques de la politique fédérale.
Ainsi, la conjoncture économique et le chômage arrivent au premier rang des préoccupations avec 27% des avis exprimés. Suivent l’AVS et les assurances sociales (24%), et, ex æquo, la problématique de l’asile et des réfugiés (24%).
Il convient cependant de remarquer que toutes les régions linguistiques n’ont pas les mêmes préoccupations. La politique de la santé inquiète 47% des italophones, mais seulement 22% des Alémaniques et 21% des Romands.
L’asile et les réfugiés constituent un thème prioritaire en Suisse alémanique (28%), mais est beaucoup moins sensible dans les cantons latins (19%).
Le thème des finances publiques et des impôts est également très révélateur des différentes mentalités. Cela préoccupe 16% des germanophones, 13% des francophones… mais seulement 1% des italophones!
A chacun ses compétences
Selon leurs préoccupations, les Suisses ne plébiscitent pas les mêmes partis politiques. Ainsi, les citoyens qui se soucient des problèmes d’environnement font davantage confiance à la gauche qu’à la droite. En fait, seuls 5% d’entre eux jugent la droite compétente dans ce domaine.
Pour ce qui concerne l’asile, c’est cette fois l’UDC qui est vue comme le parti le plus compétent (35%). Le Parti socialiste, pour sa part, inspire particulièrement confiance (27%) à ceux qui se soucient de la nouvelle pauvreté.
A signaler enfin qu’en ce qui concerne l’insécurité, un thème central dans de nombreux pays européens, 69% des personnes qui s’en préoccupent considèrent qu’aucun parti n’est capable de régler le problème. Le parti considéré comme le plus compétent, l’UDC, ne recueille que 18% d’avis favorables.
swissinfo/Olivier Pauchard au Palais fédéral
Les dix problèmes prioritaires des Suisses:
La situation économique et le chômage (27% des avis exprimés)
L’AVS et les assurances sociales (24%)
L’asile et les réfugiés (24%)
Les coûts de la santé (24%)
Les finances publiques et les impôts (15%)
L’environnement (9%)
La nouvelle pauvreté (7%)
L’Europe (5%)
Autres questions sociales (4%)
L’insécurité (4%)
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