La bêtise au sommet du FAR
A Nyon, la 17e édition du Festival des arts vivants, le FAR, se déroule jusqu'au 18 août. Avec douze spectacles de danse et théâtre à l'Usine à gaz. Et avec un petit train qui emmène le festivalier défier la bêtise humaine à travers la cité vaudoise.
Assurément, un spectacle de rue va surprendre toute la ville de Nyon. Grâce aux comédiens de la troupe locale des Mordus qui donne rendez-vous aux festivaliers dans la cour de l’Usine à gaz à 19 heures, pour trois jours en cette fin de semaine, ainsi que les 16, 17 et 18 août. Pour une occasion unique, de découvrir de manière ludique, la cité lémanique.
En effet, les spectateurs sont invités à monter dans le petit train touristique nyonnais – réquisitionné pour les besoins de l’événement culturel – afin d’effectuer un parcours initiatique dénonçant la bêtise humaine sous toutes ses formes.
La ville pour décor théâtral
Ainsi, «la bourgade de Nyon se transforme en grand décor de théâtre», explique Sophie Delessert, attachée de presse du FAR. «L’itinéraire conduit les festivaliers de station en arrêt stratégique».
«Devant le bâtiment de la municipalité de Nyon, par exemple, les voyageurs assistent à une harangue à l’encontre des autorités locales, incapables de contrer l’apparition d’une maladie mystérieuse».
Autre lieu, autre arrêt: «devant la statue de Jules César, au Musée romain de Nyon, les voyageurs entendront les édiles sommer les citoyens de ne plus sortir de chez eux».
Car la ville de Nyon, dans la fiction jouée par la troupe théâtrale des Mordus, est menacée par une maladie qui crée une hécatombe dans la population. Du coup, les autorités prennent des mesures très impopulaires, violemment contestées par les survivants.
Les maisons contaminées sont ainsi marquées d’une croix rouge. Et tout voisin devient suspect dans la cité.
Empreintes de la sottise
Au cours de ce voyage ferroviaire, on retrouve évidemment toutes les réactions, souvent stupides, qui accompagnent immanquablement les anciennes épidémies comme la peste ou des fléaux actuels comme la maladie de la vache folle ou encore le sida.
C’est ainsi qu’en filigrane, le spectateur retrouve le dénominateur commun de cette 17e édition du FAR: la bêtise humaine.
En fait, et vous l’aurez sans doute deviné, il s’agit d’un spectacle inspiré du «Jeu de massacre» d’Eugène Ionesco. Adapté et mis en scène par Ariane Karcher, directrice du FAR et des Mordus.
Hormis cette performance des Mordus, les autres spectacles entretiennent également une relation plus ou moins directe avec la sottise. C’est d’ailleurs étonnant d’apprendre que le comité d’organisation choisit le thème de son festival – cette année, la bêtise humaine – seulement après avoir engagé les artistes et acheté leur spectacle.
Enfin, Sophie Delessert rappelle que le Festival des arts vivants, le FAR, «se fait un honneur d’être une rampe de lancement pour beaucoup de talents encore méconnus dans l’art du mouvement».
Emmanuel Manzi
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