La politique étrangère de la Suisse est le parent pauvre des médias
La politique étrangère de la Suisse ne tient qu’une place marginale dans les médias helvétiques. Les journalistes la traitent comme un «enfant illégitime». C’est la conclusion d’une étude réalisée par les universités de Berne et Zurich.
La politique étrangère de la Suisse ne tient qu’une place marginale dans les médias helvétiques. Les journalistes la traitent comme un «enfant illégitime». C’est la conclusion d’une étude réalisée par les universités de Berne et Zurich.
Présentée vendredi à Berne, cette étude a été réalisée sous l’égide du Fonds national de la recherche scientifique (FNRS). L’enquête se base sur l’analyse d’un questionnaire envoyé à 258 personnes travaillant dans des médias et sur l’analyse de 2671 articles provenant de 22 quotidiens ainsi que de 207 informations des journaux télévisés.
Il en ressort qu’un seul article traitant de politique étrangère a été publié en moyenne par numéro dans les journaux édités en 1997, l’année analysée. Mais l’intérêt peut varier selon les régions; les médias alémaniques traitent davantage de la politique étrangère de la Suisse que les médias romands et tessinois.
Par ailleurs, les journalistes se concentrent seulement sur quelques thèmes bien précis. Ainsi, en 1997, 70 pour cent des articles ont été consacrés aux problèmes de l’intégration avec l’Union européenne (UE) et le dossier des fonds juifs.
Le traitement pose également problème selon le rapport. Les petits médias ne peuvent pas se permettre d’avoir un journaliste qui se consacre uniquement à la politique extérieure de la Suisse. Il s’en suit que le recours aux agences de presse est prépondérant, ce qui entraîne une uniformisation des nouvelles dans le paysage médiatique suisse.
Pour Roger de Diesbach, rédacteur en chef du quotidien fribourgeois «La Liberté», le manque d’intérêt des journalistes peut toutefois s’expliquer par le manque de relief de la politique étrangère suisse: «On ne fait pas des unes avec de la grisaille».
Il n’en reste pas moins, selon Roger de Diesbach, que les journalistes fournissent parfois des efforts considérables et sortent des sentiers battus proposés par le Département fédéral des affaires étrangères. Le dossier des relations entre la Suisse et l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid en a fourni un bon exemple.
Olivier Pauchard
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