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La répétition cyclique d’un cauchemar

Le metteur en scène Didier Bezace. B. Enguerrand/www.theatredelacommune.com

La Comédie de Genève accueille «Feydeau Terminus». Un spectacle tragi-comique monté par Didier Bezace et joué avec brio.

«Trois pièces et une version de la vie», tel pourrait être le sous-titre de «Feydeau Terminus», spectacle tragi-comique présenté à la Comédie de Genève dans la mise en scène du Français Didier Bezace.

Ce dernier y réunit trois opus de Georges Feydeau («Léonie est en avance», «Feu la mère de Madame» et «On purge bébé») et réussit une brillante démonstration avec, dans le sillage de l’écrivain, suspense, fausses pistes et renversements de situations.

D’une pièce à l’autre on retrouve le même enfer, comme si la vie évoluait en cercle avec, pour chaque texte, le même retour de crises familiales. Cela commence par la grossesse nerveuse de Léonie et s’achève sur l’impossible purgation de Toto, en passant par la fausse mort de Madame.

Dans chaque cas, le drame se résorbe par une farce qui vient clore chacune des pièces. Feydeau les a écrites séparément. Mais Bezace les présente en une seule coulée, donnant l’impression que les personnages (joués par neuf acteurs excellents, dont Anouk Grinberg) appartiennent à une seule et même famille.

Ecœurement de la vie conjugale

On sait que l’auteur a conçu ces pièces alors qu’il était divorcé et demeurait à l’hôtel Terminus, à Paris. Il y a donc injecté son écœurement de la vie conjugale, auquel le metteur en scène donne la dimension d’un cauchemar.

Bezace se sert donc d’un «truc» scénographique qui n’est pas novateur mais fonctionne très bien: le tourniquet. Tout le sens de son spectacle est là. Sur un podium rond et mobile, il a installé le décor (signé Jean Haas). Soit un appartement bourgeois dont les chambres séparées par un panneau dévoilent, en tournant, chacune son secret.

Architecture scénique et vie intime s’imbriquent ainsi: le quotidien condamne l’existence à n’être qu’une répétition cyclique où la fin est dans le commencement. Quand une pièce se termine, le podium fait un tour complet sur lui-même et s’arrête toujours au même endroit, devant la porte d’entrée de l’appartement qui s’ouvre, une fois de plus, sur le trop plein d’une vie.

Ghania Adamo

«Feydeau Terminus», Comédie de Genève; jusqu’au 16 décembre. Tel: 022/320 50 01.

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