La voix pour seule voie au Festilac
Voyager sur la planète au travers de la voix comme seul instrument, c'est ce que propose la toute première édition du Festilac, dans un petit village de la campagne genevoise, Collex-Bossy, de vendredi à dimanche.
«Le vocal est ma passion, déclare Frédéric Probst, et j’ai envie aujourd’hui de la partager avec le public. C’est ainsi que je suis devenu tout naturellement l’instigateur de Festilac. Pour mener à bien ce projet, je me suis entouré d’un comité d’organisation de quatre autres membres.»
Salsa cubaine et funk américain
Reste que Frédéric Probst a choisi de courir tous les risques pécuniaires. «Je trouve regrettable le manque de soutien financier auquel j’ai dû faire face. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir cherché des sponsors».
«Pour rentrer dans nos frais, poursuit l’organisateur de Festilac, il nous faut 2000 spectateurs par soirée. Mais nous avons bloqué la capacité maximale à 2500 personnes par soirée. Pour des questions de sécurité et de bien-être du public.»
Toujours est-il qu’une tête d’affiche est programmée chaque soir. Vendredi, le groupe Vocal Sampling vient de Cuba pour interpréter de la salsa. «Quand on ferme les yeux, poétise Probst, c’est comme si tout un orchestre accompagnait les vocaux de ces neuf chanteurs cubains».
Samedi, on reste outre-Atlantique pour entendre le funk, la soul et le jazz du groupe américain M-Pact. «Ils sont cinq et ont une technique vocale exceptionnelle, commente Frédéric Probst. Il n’y a pas mieux pour démontrer aux plus sceptiques que l’on peut tout faire avec la voix».
Formations suisses a capella
Le dimanche, c’est le plongeon dans le monde des tubes des années 1960. Avec The Snappers déferleront nombre de reprises des Beatles et d’Elvis Presley. The Snappers sont d’ailleurs le groupe genevois auquel appartient Frédéric Probst, chanteur à ses heures.
Les organisateurs de Festilac ont aussi pris la peine d’aller chercher des groupes vocaux du côté de la Suisse alémanique. Notamment le groupe A-Live de Zurich et celui d’Almost 7 de Berne.
En définitive, Festilac fait la part belle aux formations qui battent pavillon suisse. On citera encore les 4U, des Vaudois de Cheseaux-sur-Lausanne qui donnent dans la world music jusqu’aux steppes mongoles.
Mais, la programmation de Festilac surfe principalement sur la variété et le gospel. Genres particulièrement propices aux productions a capella. Non sans quelques clins d’œil aux chœurs et chorales si chers à la Suisse.
Concept champêtre et techniquement soigné
«Je pense que le concept de Festilac va plaire, se persuade Frédéric Probst, car c’est une forme nouvelle de festival. Je crois même que c’est le seul de ce type en Suisse. Alors qu’il y en a beaucoup aux Etats-Unis.»
Contrairement à son nom, Festilac se déroule en pleine campagne genevoise. Plus exactement dans le village de Collex-Bossy, situé entre Versoix et Bellevue, (sortie d’autoroute à Coppet).
«En tant que viticulteur, reconnaît Frédéric Probst, j’ai la chance de posséder une ferme du 18e siècle. Et c’est dans la cour de mon château que doit se dérouler, sur trois jours, notre festival.»
Sur le plan technique, Festilac a réparti la diffusion du son tout autour de la cour, avec des haut-parleurs de qualité tous les 10 mètres, histoire de restituer avec la plus grande fidélité la voix sous toutes ces formes.
Et déjà, les cinq organisateurs de Festilac songent à une deuxième édition. Ils caressent en effet le projet d’inviter les Voix bulgares et les Corses d’I Muvrini, en l’an 2002.
Emmanuel Manzi
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