Le Cully Jazz Festival au rythme de la musique afro-cubaine
Jeudi soir, Ray Barreto, figure légendaire du conga, se produira sur la grande scène avec son sextet de latin jazz. L'autre moment fort de la soirée, portera le nom de d'Omara Portuondo, la seule voix féminine de l’album «Buena Vista Social Club».
Jeudi soir, Ray Barreto, figure légendaire du conga, se produira sur la grande scène avec son sextet de latin jazz. L’autre moment fort de la soirée, portera le nom de d’Omara Portuondo (photo), la seule voix féminine de l’album «Buena Vista Social Club».
«Buena Vista Social Club», c’est bien évidemment le titre du documentaire signé par le cinéaste allemand Wim Wenders. C’est la crème de la musique cubaine réunie sur un même enregistrement par le musicien Ray Cooder. Mais surtout, c’est un style musical bien particulier: le Son.
Musique de paysan, née à Cuba au siècle dernier, le Son est le fruit du mariage de rythmes des Caraïbes, de l’Afrique et de l’Espagne. Il est aussi le grand-papa de tous les courants musicaux aux racines afro-cubaines.
Le Son va s’expatrier. Au contact des Portoricains installés aux Etats-Unis, il se transformera en «Salsa». Terme des plus commodes, puisqu’il signifie tout simplement «Sauce» en espagnol.
Les musiciens de jazz y apporteront leur touche, leurs instruments et leur sensibilité inventive, pour donner naissance à un autre mouvement: le latin jazz.
Si, depuis plusieurs années, ces musiques dites «latines», dansantes et festives, ont pris leurs quartiers en Europe et notamment en Suisse, on découvre aujourd’hui, avec fascination, l’une de leurs origines les plus pures: Cuba.
Cuba qui a toujours cultivé sa tradition musicale. Sans doute pour faire oublier les effets de la crise économique, Fidel Castro a développé les arts. Les écoles de musique ont fleuri. Les professeurs sont arrivés du bloc de l’Est pour insuffler une certaine rigueur classique à cette musique de la rue.
Mais, contrepartie de ce soutien étatique, la musique cubaine est en quelque sorte devenue la propriété du gouvernement. Le musicien s’est transformé en fonctionnaire et l’Etat en maison de disques nationale chargée de distribuer les productions locales.
Une époque révolue. l’Etat cubain s’ouvre désormais à une collaboration avec les distributeurs internationaux. Résultat: l’album «Buena Vista Social Club» produit par le label anglais World Circuit. Et ce n’est probablement qu’un début.
Le caractère métissé et quasi universel de la musique afro-cubaine suscite un engouement certain du public occidental. Une aubaine dont, ni Cuba, ni les maisons de disques, ni les festivals en tout genre, ne sauraient se passer.
Vanda Janka
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